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Ever tried. Ever failed. No matter. Try Again. Fail again. Fail better. Samuel Beckett * * * It's fun to be me... Is it fun to be you ? Denny Crane * * * Tanto amore perduto, tanto disamore accumulato. Tanti ricordi rimossi, tante verità sapute. E tante verità coraggiosamente ripetute. * * * Pakistan. Afghanistan. Iraq. Palestine. Lebanon. From the borders of Hindu Kush to the Mediterranean, we – we Westerners that is – are creating a hell disaster, Robert Fisk, 24.11.07 * * * Ils s’en vont, tous. On dit « c’est la vie » qu’est ce que ça veut dire ? C’est aussi la vie de rester, non ? Borborygmus, borborygmi, 26.07.07 * * * If you don't believe that the Syrian regime is causing the chaos in Lebanon, at least you have to admire its knack for predicting it, Scott MacLeod, The Middle East, 25.06.07 * * * Le temps est un barbare dans le genre d'Attila, Georges Brassens * * * Beyrouth, ma ville, la Méditerranée, ma mer... Liberté Toujours, 29.04.07 * * * Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots, Le bateau ivre, Arthur Rimbaud * * * Les Emirats Arabes Unis sont une nation moderne et progressiste, La Sorbonne, Abu Dhabi * * * La nuit tous les chats sont gris et les poissons... rouges, Mickey 3D * * * I am feeling increasingly Bahraini, Michael Jackson * * * Remember, the Stone Age didn't end because we ran out of stones, Ahmad Zaki Yamani - Saudi Oil Minister * * * El duende... ¿Donde està el duende? Federico Garcìa Lorca * * * I can't understand how throughout the war whoever mentions Syrian occupation is a Zionist and now whoever revolts against Israeli attacks is Syrian, Claudine 25.08.06 * * * Abu Dhabi is where all the cute kittens go, Garfield * * * Traffic lights return to function in Kiryat Shmona after more than a month, Haaretz 14.08.06 * * * Mahmood Ahmadinejad has launched his own blog www.ahmadinejad.ir he seems to see the virtue in blogging after clamping down on other bloggers * * * It's really hard to get used to being used to live in war, Kerbolg 09.08.06 * * * The more Israel behaves in this barbarious manner, the more Arabs it slaughters, the less its future in the region is assured, Patrick Seale 11.08.06 * * * Tant qu'il y aura de l'humour, il me restera de l'espoir, Nad's Blog 05.08.06 * * * Hier j'ai goûté le lait de chamelle, ca a quand même un fort gout de bête

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lundi 9 novembre 2009

Le Blau Mari

Ce texte est une fiction. Tous les personnages de ce texte sont fictifs et toute ressemblance avec des personnes réelles, existantes ou ayant existé ne serait que pure coïncidence. Ce texte a été publié par Les Impromptus Littéraires.

Les deux rochers herculéens se dressaient, plongeant leurs origines antiques dans les profondeurs bleues. Ici, l’Afrique embrasse l’Europe et la Méditerranée l’Atlantique. C’est par centaines que je compte les traversées du détroit de Gibraltar à bord du Blau Mari. Chacune est bouleversante, chacune d’une manière différente. A l’approche de la grande porte me frappe toujours cette évidence : passer d’un univers à l’autre tout en restant tangent à deux autres encore. Ce jour là, alors que le Blau Mari s’approchait du double monument minéral, toujours aussi surprenant, l’habituel vertige géographique fit tourbillonner dans mon esprit des paysages, des odeurs, des musiques, des civilisations.

A force de voyager des années durant, de port en port, de continent en continent, de mer en océan, on finit par prendre conscience de la finitude du monde, on finit par toucher du doigt sa sphéricité. Alors, par comparaison, on soupçonne la grandeur infinie des espaces qui l’entourent. On est comme l’astronaute parti décrocher la lune qui découvre par le hublot de sa station orbitale l’émouvant disque bleu et blanc de la Terre; émouvant par sa fragilité, par la futilité des événements qui s’y déroulent contrastant avec l’importance dramatique qu’ils peuvent avoir de plus près, émouvant par sa taille ridiculement limitée dans l’espace alors qu’il peut parfois sembler si vaste, émouvant tout simplement par sa beauté.

Ici, au centre de quatre espaces gigantesques, en ce non lieu, ce nom, Gibraltar, résonne comme un trou, un vide, un point d’orgue, un nombril. Ici, enfin, je ne suis nulle part. Je suis de nulle part et de partout. Mes pensées s’envolent, se troublent, se mêlent, se multiplient. Le Blau Mari suit son chemin, il traverse la grande porte, je suis au milieu du monde. Je perds pieds. A l’Afrique sensuelle, envoûtante, effroyable, rouge, aux rythmes effrénés, aux troupeaux de zèbres, à la savane, à ces hommes, à ces femmes, à leur vies, à leurs angoisses, se mêlent en kaléidoscope les grands ports du grand nord, les forêts profondes, les montagnes de granit, les villes tentaculaires, d’autres hommes, d’autres femmes, d’autres vies, d’autres angoisses, des musiques mathématiques, l’Europe. Le détroit se dessine derrière moi. L’Atlantique se propose comme chaque fois, immense et gonflé de toutes ses surprises et de tous ses mystères. Le Blau Mari se dirige vers Lisbonne, après ce sera Dakar où je devrai à nouveau trouver une cargaison qui convienne à mes cales et une destination à mon humeur.

Ma vie s’est ainsi poursuivie quelques mois durant, mais ce n’était plus pareil. Je n’étais plus le libre vagabond d’avant l’amour. Durant mes longues traversées, deux ports ont toujours occupé mon esprit : celui que je venais de quitter et celui vers lequel je me dirigeais. Depuis l’amour, le port de Gênes, son quai, cette déchirure qui l’accompagne s’invitent sans cesse dans mes pensées. J’ai tenté d’éviter Gênes jusqu’au jour où, plus d’un an après y avoir quitté le regard de Goethe, l’occasion d’y retourner se présenta spontanément. Tout aussi spontanément, j’acceptai la transaction et quittai Goa pour Gênes. Le Blau Mari repris l’océan Indien vers l’ouest, le golfe d’Aden, la mer Rouge. En ce crépuscule de décembre, j’attendais le signal des autorités égyptiennes pour traverser le Canal de Suez. Le ciel était épais et sombre, un vent lourd et poussiéreux, le khamsin, accompagnait le ballet de cargos et pétroliers de toutes tailles. Après une longue attente le Blau Mari s’engageait enfin dans le canal. Il y a plus d’un an, hanté par un regard de femme, je quittais la Méditerranée par l’ouest. Je la reprends par l’est avec le secret espoir de retrouver la clarté de ce regard. J’avais quitté Port-Saïd depuis quelques heures quand il se mit à pleuvoir violemment. Le vent s’était calmé. Des trombes de pluie se déversaient, verticales et abondantes, sur une mer sombre aux contours indistincts. Le Blau Mari flottait certes, mais où s’arrêtait la mer, où commençait la pluie ? C’était difficile à dire. La nuit fut longue. Je la passai à regarder, par le hublot de ma cabine, la pluie se mêler à la Méditerranée et à l’écouter battre le pont du Blau Mari.

mardi 27 octobre 2009

Les racines du Jazz

Je ne vais pas ouvrir ici le débat stérile sur les racines européennes ou africaines du jazz. Le jazz est une musique américaine qui, comme l'Amérique tout entière de l’Alaska à la Patagonie, a des racines tant africaines qu’européennes (entre autres). D’ailleurs, l’Europe et l’Afrique n'auraient pu aussi bien fusionner ailleurs qu'ailleurs ; c’est à dire dans le nouveau monde. Le jazz est donc plutôt né, à la fin du XIXe siècle, de la rencontre de deux Amériques : L’Amérique rurale des plantations et celle urbaine des grands ports.

Jusqu'à l’interdiction de la traite atlantique en 1808, des centaines de milliers d’esclaves d'Afrique de l'Ouest sont débarqués par les négriers dans les colonies du sud pour servir dans les plantations. En Caroline du Sud, par exemple, les esclaves constituent plus de la moitié de la population. Dans les plantations, les esclaves africains chantent des work songs inspirées de leurs chants africains sous forme d’appel/réponse. La blue note serait déjà présente dans les chants appel/réponse traditionnels d'Afrique de l'Ouest. Les esclaves africains accompagnent leurs chants d'un proto-banjo (qui deviendra une guitare, plus tard accompagnée d'un harmonica) et de percussions simples. Le blues rural, musique "negre" et américaine par excellence, est né.


The Old Plantation, aquarelle sur papier vergé, The Abby Aldrich Rockefeller Folk Art Museum, Williamsburg, Virginia
'The Old Plantation' date de la fin du XVIIIe siècle et représente des esclaves dans une plantation en Caroline du Sud. C’est la seule peinture connue qui représente des esclaves entre eux, et la plus ancienne peinture américaine qui représente un instrument à cordes de type banjo. Le second musicien joue des percussions et le danseur utilise une baguette, ce qui serait aussi l’usage en Afrique de l’Ouest. Évidement, il n'existe aucun enregistrement sonore de cette musique pré-blues.

En 1860 Abraham Lincoln mène sa campagne électorale contre l’expansion de l’esclavage au delà des états dans lesquels il existe déjà. Tout le monde sait alors, que l’interdiction de l’expansion de l’esclavage conduira inexorablement à son abolition. Lorsque Lincoln est élu président, sept états du sud gouvernés par les puissants lobbys esclavagistes des grands cultivateurs font sécession pour des raisons économiques évidentes : l'abolition de l'esclavage les privera d’une main d'œuvre quasi gratuite. La guerre de sécession éclate en 1861 entre les états confédérés au sud et les états de l'union au nord. Elle se termine en 1865 par la victoire du nord sur le sud, la restauration de l’Union et l’abolition de l’esclavage dans l’ensemble du pays. Suite à l’abolition un certain nombre de cultivateurs fait faillite et les esclaves affranchis quittent les plantations et affluent dans les villes à la recherche de travail amenant avec eux leur blues. Beaucoup arrivent dans le grand port atlantique de l’époque : la Nouvelle-Orléans.

Alors que dans les plantations, le blues naît des chants africains accompagné d'instruments légers (banjo, percussion), dans les villes se développe une musique nouvelle, le ragtime. Plus sophistiqué que le blues rural de l’époque, le ragtime est joué au piano et composé par des musiciens qui ont des bases de solfège et d'harmonie et qui sont probablement plus imprégnés, par leur éducation, de musique européenne. Les rags sont surtout joués dans les saloons et bordels tout au long du XIXe siècle (on en retrouve au cinéma dans de nombreux westerns). La main gauche joue la basse et bat un rythme à quatre temps bien marqué, alors que la main droite joue une mélodie syncopée rapide et envolée. Ce rythme syncopé serait dérivé des rythmes croisés complexes des percussions et des danses africaines.

Scott Joplin qui codifie le ragtime et lui donne sa forme définitive, est né dans le Texas en 1867 peu après l’abolition de l’esclavage. Son père joue du violon et sa mère du banjo. Il sera en contact avec un piano dans une famille blanche ou sa mère est femme de ménage. Malgré ses difficultés financières, conscient du talent de son fils, le père de Scott lui offre un piano et des cours avec un professeur allemand qui lui enseigne l’harmonie et la composition et l’initie aux genres musicaux européens. En 1899, Joplin compose le ‘Maple Leaf Rag’ qui sera un succès dans l’ensemble du pays. C’est le premier "tube" de l’histoire de la musique.


Le 'Maple Leaf Rag' joué par Joplin lui-même en 1899 (?) enregistré sur piano roll, le plus ancien support permettant de stocker de la musique.


Le 'Maple Leaf Rag' joué par le Halfway House Orchestra en 1925. Le Halfway House était un club de la Nouvelle-Orléans qui opérait de 1914 à 1930.

Jusque dans les années 1920, des versions instrumentales des rags sont jouées par de petits ensembles de la Nouvelle-Orléans. Ces petites formations musicales feront fureur dans les dance halls (équivalant américain des bals musettes). En devenant instrumental le ragtime fait un pas vers le jazz, mais n'en est pas encore. Pour Jeff Taylor : “This music [is] not quite ragtime but not yet jazz.” En effet elle ne swing pas vraiment, mais surtout elle ne comporte pas d’improvisation qui est un élément indissociable du jazz.

Dans ce post, on a pressenti le pré-jazz dans le rag instrumental du Halfway House Orchestra. Il ne manque plus à cette musique (un peu trop mécanique à mon goût) qu’à s’hybrider avec le lyrisme et la spontanéité du blues pour enfin donner naissance au jazz. A suivre…

mercredi 21 octobre 2009

« (So What) is Jazz ? »

C'était le 28 septembre 1991, j'avais 16 ans, j'étais à Paris en vacances. Ce jour là, à Santa Monica, en Californie, Miles Davis se tait. A Paris, comme partout probablement, des photos de lui envahissent les disquaires. Je suis impressionné par l'esthétique élégante et dégingandée de cet homme noir à trompette. J'achète un de mes premiers CDs, le plus exposé dans les bacs, forcement l'inégalé 'Kind of Blue', l’album de Jazz le plus vendu à ce jour (je crois).

En août 2008, à mon retour du festival de Jazz de Montréal j'achète un saxophone alto et commence un sinueux et fascinant voyage dans le monde du Jazz. Depuis ce jour, j'ai été plusieurs fois confronté à cette question: "mais au fait, c'est quoi au juste le Jazz ?" sans avoir jamais vraiment pu y répondre. Et pour cause, le Jazz n'est pas facile à définir :

Louis Armstrong répond : "If you have to ask, you'll never know."
Miles Davis plutôt d'accord répond : "I'll play it first and tell you what it is later."
Thelonious Monk est plus clair : "I don't have a definition of jazz... You're just supposed to know it when you hear it."
Pour Katherine Boeyen : "Jazz is sex."
Pour Wynton Marsalis : "Jazz is something Negroes invented, and it said the most profound things — not only about us and the way we look at things, but about what modern democratic life is really about. It is the nobility of the race put into sound ... jazz has all the elements, from the spare and penetrating to the complex and enveloping. It is the hardest music to play that I know of, and it is the highest rendition of individual emotion in the history of Western music."
Après plus d'un an de ce voyage, je ne suis sûr que d'une seule chose : I know it when I hear it.



Bon, je vais quand même essayer de répondre à cette question : "C’est quoi le Jazz ?". Sur le plan technique trois éléments musicaux facilement discernables caractérisent le Jazz : la syncope, le swing et la blue note.

La syncope accentue les temps faibles d’une mesure (2 et 4 pour une mesure 4/4 par exemple) et se prolonge éventuellement sur les temps forts (3 et 1 de la mesure suivante) au lieu d’en accentuer les temps forts (1 et 3). La syncope est aussi utilisée dans d'autres genres et est essentielle à un grand nombre de styles musicaux e.g. funk, ska, reggae, rap, jump blues, progressive electronic dance, trance, progressive rock, breakbeat, dubstep, heavy metal, etc.

Le swing est le fait de créer un effet de balancement en jouant des notes de durées égales de manière inégale soit, en allongeant la première et raccourcissant la seconde. Il s'agit de jouer, par exemple, un couple de croches comme un triolet dont la première croche serait pointée. On trouve aussi des notes swinguées dans le rock'n'roll, la country, le R&B, la pop, les rocks punk, pop et alternatif, le drum & bass, le breakbeat, etc. Des notes swinguées, appelées 'notes inégales' (même en anglais), se retrouvent aussi dans les musiques baroque et classique.

La blue note est caractéristique du Blues (qui précède le Jazz). La blue note est jouée un demi-ton (ou moins) plus bas qu'une note de la gamme majeure (généralement la tierce, la quinte ou la septième). C'est elle qui donne cette couleur particulière au Blues et, plus tard, au Jazz. Elle est aussi appelée the worried note (la note inquiète). Par exemple, dans la gamme blues de Mi (Mi Sol La La# Si Ré), la blue note est le La#.

Ces trois éléments sont caractéristiques du Jazz mais n’en sont pas définitoires. La question ‘what is jazz?’ reste ouverte parce que le Jazz est plus qu’un genre musical, c’est un mouvement culturel lié à une époque, une culture (ou des cultures), un certain nombre de lieux, d’événements, d’hommes et de femmes. Le Jazz, étroitement lié à l’histoire des Etats-Unis, est un mouvement qui s’étend sur une période qui va de la fin de la guerre de sécession à la guerre du Vietnam.
Pour Gerald Early : “When they study our civilization two thousand years from now, there will only be three things that Americans will be known for: the Constitution, baseball and jazz music. They're the three most beautiful things Americans have ever created.
A suivre…

jeudi 15 octobre 2009

NYC, MoMA

mardi 11 août 2009

Walid Bey vs Camarade Walid

Walid Joumblatt, en tant que zaïm d’une communauté ultra-minoritaire au Moyen-Orient, aura toujours un double objectif dont l’accomplissement restera une question de vie ou de mort : (1) conserver le leadership de la maison Joumblatt sur les Druzes du Liban, et (2) maintenir la communauté Druze dans l’équation politique régionale.


Photo: Playboy 1984

Dans un contexte régional et international d’alliances changeantes et de rééquilibrages permanents des forces, l’urgence de ce double objectif impose au chef du Parti Socialiste Progressiste les contorsions les plus kamasoutresques.

Walid Bey ou Camarade Walid ? Le 27 juillet 2009, Joumblatt répond ainsi au journal tunisien Réalités qui lui demande comment il explique son alliance en tant que socialiste avec Saad Hariri, symbole du “capital mondial prédateur” (sic) :
Je ne suis pas à une contradiction près. Issu d’un milieu bourgeois à caractère fondamentalement féodal, je défends, fidèle à une tradition ancestrale, les intérêts d’une communauté montagnarde, déshéritée, en marge des circuits économiques prospères qui ont fait la fortune des maronites et des sunnites depuis des lustres. Mon alliance avec Saad Hariri s’explique par la dimension sociale de l’héritage politique de son père, les impératifs géopolitiques locaux et internationaux à la suite de l’assassinat de Rafic Hariri et l’espoir de voir le fils continuer l’œuvre de son géniteur, un grand bâtisseur, soucieux du sort du Liban, toutes confessions confondues, des marginaux et des laissés pour compte de la croissance.
Le dernier retournement de veste du Bey – il prend ses distances avec le 14 Mars et annonce la création d’un pôle centriste dont il prend la tête et… qui l’aime le suive ! – semble avoir parfaitement accompli ce double objectif.

Il y a quelques jours la première phrase de l’éditorial du journal de la LBC ressemblait à ça :

سوريا والسعودية تتسابقان لإستقطاب وليد جمبلاط
La Syrie et l'Arabie Saoudite se bousculent afin d'attirer Walid Joumblatt

Ainsi (2) par son acte irrationnel en apparence, Joumblatt reussit à maintenir la communauté Druze dans la nouvelle équation régionale issue du changement de politique étrangère américaine opéré par l’administration Obama et du rapprochement Syro-Saoudien.

Quelques jours plus tard, le représentant historique de la maison concurrente des Joumblatt, l’émir Talal Arslan, critique vertement son propre camp, le 8 Mars, lui reprochant de ne lui accorder aucun portefeuille ministériel dans le gouvernement en gestation. Joumblatt ne perd pas l’occasion de prendre Arslan sous son aile lui proposant un portefeuille parmi les trois qui lui sont dédiés.

Ainsi (1) pas sa magnanimité fédératrice et pan-druziste il assure la primauté de la maison beylicale Joumblatt sur celle des émirs Arslan.

Bravo l’artiste ! Mais au passage, à l’échelle nationale d’abord (si tu me passes l’expression) :
  1. Tu opères un phénoménal repli communautaire,
  2. Tu sabordes le projet de construction d’un État aux institutions solides et pérennes,
  3. Tu trahis les idéaux du 14 Mars qui t’ont, un moment, donné une stature nationale trans-confessionnelle.
Michel Aoun a raison quand il dit que tu cours pour prendre en marche le train qu’il a, lui, patiemment attendu en gare avant d’embarquer. En effet, comme lui, tu échoues à devenir une personnalité d’envergure réellement nationale. Cela dit, mille fois plus habile que lui à ce jeu et mille fois plus intelligent tu réussis, toi, à réunifier les Druzes là ou il n’a fait, lui, que diviser les Chrétiens; et tu réussis, toi, à rendre ta communauté incontournable dans l’équation régionale là ou il n’a fait, lui, que marginaliser la sienne.

Mais à quel prix Camarade Walid ? A quel prix pour le Liban dont tu sais toi, et toi particulièrement, qu’il n’y a aucune honte à placer d’abord !

Cette année, pour la première fois, je n’ai pas voté aux élections législatives et, je ne vais pas me mentir, c’était uniquement pour des rasions logistiques que je n’ai pas fait le déplacement. Mais si j’étais venu jusqu'à notre belle montagne du Chouf, c’aurait été zay ma hiyya (telle qu’elle) que j’aurais glissé ta liste dans l’urne. Et, oui, depuis ce dimanche 2 août c’est amèrement que j’aurais été entrain de le regretter. Tu n’en as sûrement rien à foutre, mais moi je suis très content de ne pas avoir voté, même si ce n’était pas intentionnel.

jeudi 16 juillet 2009

Le Parlement Libanais de 2009


C'est étrange, mais tout en préparant ce joli hémicycle qui semble résulter d'une belle élection démocratique – chose rare dans un pays du moyen orient – j'avais la désagréable impression qu'il était déjà obsolète. La formation du gouvernement, dans les semaines à venir, confirmera ou infirmera cette impression. A suivre...

lundi 29 juin 2009

Neda, your death will not be in vain (?)






















The events in Iran in a comic inspired by Marjane Satrapi's Persepolis: www.spreadpersepolis.com

mercredi 6 mai 2009

L’anthropie

Ce texte est une fiction. Tous les personnages de ce texte sont fictifs et toute ressemblance avec des personnes réelles, existantes ou ayant existé ne serait que pure coïncidence. Ce texte a été publié par Les Impromptus Littéraires.

Quelque jours après mon arrivée à Beyrouth, Rabih m’emmena à l’Université de Balamand où il devait parler de sa théorie de l’anthropie qui, semble-t il, lui inspirait alors une grande lassitude et lui lassait un sentiment de futilité. Il me dira plus tard qu’il avait l’impression de répéter la même chose en y changeant chaque fois un détail cosmétique pour paraître innovant. Durant l’heure de route qui sépare Beyrouth de ce monastère université du Liban-Nord, haut lieu de l’orthodoxie levantine qu’est Balamand, une intense discussion nous occupa. Rabih était nostalgique et désabusé, j’en étais maintenant sûr. Je l’étais aussi, je crois. Arrivés légèrement en retard à l’université située à huit kilomètres au sud de Tripoli, sur une colline face à la mer, perdue au milieu des oliviers, nous courûmes vers la salle où Rabih devait intervenir. L’amphithéâtre était plein.

Après s’être rapidement excusé pour son petit retard, Rabih se lança à corps perdu dans un éloge de l’inutilité. Inutilité, et trivialité de la recherche, inutilité de l’humanité, qui n’est qu’une parenthèse éphémère dans l’immense vide de l’univers. L’anthropie, disait-il après cette introduction absconse, se déshumanise. Le vecteur de la déshumanisation de l’anthropie est l’informatique. La bibliothèque de Babel sortie de l’imagination de Borges est née, et avec elle, l’anthropie s’est fondue dans la toile mondiale, immatérielle et omnisciente, de l’information. Le vrai et le faux se confondent, et qu’importe, anyway tout est relatif. Qu’importe de lire le texte d’un hacker du Nevada qui s’appelle Cerventes et de croire que c’est Cervantes qui l’a écrit et non ce hacker du Nevada ; et de penser que ce hacker est une femme et de se dire qu’elle est jolie. Qu’importe de lui envoyer un e-mail en lui disant ‘I Love You let’s meet at the café du coin’, en sachant très bien que dans ce monde immatériel il y a aussi peu de café que de coins. La ville n’est plus. Borges imagine la bibliothèque de Babel… mais c’est Babylone toute entière qui est s’est immatérialisée sous nos yeux brillants, myopes et injectés de sang. La Babylone céleste est née. La World Wide Babylon. Avec son cortège de mensonges, de sexe, de savants, d’intellectuels, de rois et d’esclaves, avec son panthéon innombrable de dieux et de satans. Tous les vices, toutes les vertus s’y côtoient, tous les livres y sont répertoriés dans toutes les langues. Chacun y a sa page, sa page toile, sa page web. Malheur à toi si Google, le Dieu des dieux de la Babylone céleste ne te reconnait pas ! Les Babyloniens se parlent, se mentent, se rencontrent, des forums se créent, des crimes abjectes y sont commis. Le temps n’existe plus. Des Nazis y côtoient des chefs d’Etat, des pédophiles des universitaires, des ministres des prostituées, des églises des supermarchés, des communistes des pétroliers. La Babylone céleste est totale. Totale et immatérielle. Et ce hacker du Nevada qui est une femme n’est en fait ni dans le Nevada ni une femme. Ce hacker du Nevada, c’est moi à Balamand, qui vous parle, et qui vous dit n’importe quoi. Mais de ça retenez une conclusion : L’anthropie ça pue et le vecteur de l’anthropie c’est la ville, la ville qui pue dans ses quartiers, ces quartiers où il y a des coins où les clochards peuvent pisser. Des coins qui puent. Des rues qui sentent le foutre. Des bars qui sentent l’alcool. L’anthropie c’est la cité, l’urb, qui produit le politique. Le politique qui produit la lutte pour le politique, c’est la Babylone terrestre. La Babylone céleste c’est l’anti-anthropie. ; ubik. Urb versus ubik. Babylone terrestre versus Babylone céleste. Homme versus page web. Local versus global… le monde versus internet.

mercredi 22 avril 2009

Le chapeau et l'horloge



L'homme regarde la montre qu'il porte à sa main droite, vérifie qu'elle donne la même heure que la grande horloge murale, en même temps, de sa main gauche, il ôte son chapeau en feutre encore humide de la bruine parisienne et le pose sur la table qui se situe en face de lui; tout cela en une fraction de seconde, le temps de prononcer les mots suivants: « oui oui oui non non mais... ».

Une femme d’un certain âge, habillée de manière assez excentrique, l’attendait à la table qui jouxtait celle à la quelle j’étais assis. Nous avons discuté un moment ; si je me souviens bien il avait un prénom composé, Jean-Claude ou Jean-Marie et habitait un appartement de la rue Saint-Jacques. C’était en Novembre 2007.

lundi 20 avril 2009

La vérité sort de la bouche du métro

samedi 28 mars 2009

Agnès Sorel

Agnès Sorel, née vers 1420 en Picardie, était la demoiselle de compagnie d'Isabelle de Lorraine, reine de Sicile. Jeune, belle et ingénue elle s’attire les faveurs du Roi de France Charles VII et en devient la favorite vers 1444. Charles VII est sous le charme et ne s’en cache pas. Monstrelet écrira "Comme entre les belles elle était tenue pour être la plus belle du monde, elle fut appelée damoyselle de Beaulté…".

Agnès, la Demoiselle de Beauté, sera la première maîtresse publique d’un roi de France supplantant même la reine par sa notoriété. Elle sera considérée comme la Première Dame officieuse du Royaume de France. En plus de sa beauté légendaire, Agnès avait reçu une excellente éducation, elle était cultivée, modeste et intelligente.

Elle choque par ses tenues qui dévoilent ses seins, on l’accusera d’inciter à la débauche et au vice. Jean Jouvenel des Ursins sera très sévère, et écrira au roi "en son hostel mesme il mist remesde tant en ouvertures de par devant par lesquelles on voit les tétins, tettes et seings de femme…". Agnès est d’ailleurs connue pour avoir inventé le décolleté. La voici peinte par l’enlumineur et peintre Jean Fouquet :



Sa beauté et sa sensualité sont mises en valeur dans ce portrait. Son décolleté entrouvert laissant paraître un sein en deviendra le symbole. A sa main gauche, un livre entre les pages duquel elle glisse un doigt pour ne pas perdre le fil de sa lecture souligne sa culture et l’importance de son intellect. Cette femme est totale: belle, dévergondée, sensuelle, intellectuelle et intelligente, quel homme n’en serait pas amoureux ?

Par sa sexualité exacerbée et son ostensible sensualité, elle sera accusée de débaucher le roi connu pour sa chasteté. Elle sera tenue pour responsable du réveil sensuel de Charles VII. Elle avait, par conséquent, sur lui une réelle influence psychologique, et, dit-on, n’était pas innocente de certaines décisions politiques du monarque.

Pour finir de choquer les moralistes dont étaient Thomas Basin et Jean Jouvenel des Ursins, le roi commande à Jean Fouquet une Vierge Marie à l’Enfant sous les traits de la belle ingénue. C’est l’image religieuse la plus érotique que je connaisse :



On la voit ici couronnée et entourée d’anges et de chérubins rouges et bleus. A sa gauche, l’enfant remplace le livre.

Agnès sera assassinée par empoisonnement au mercure. Dans sa douleur terrible le roi commandera deux magnifiques tombeaux de marbre, l’un pour le corps d’Agnès et l’autre pour son cœur. La haine et la jalousie auront eu raison de la plus belle et plus intelligente femme du Royaume de France.

Au Liban, suite à une décision du Conseil des Ministres, le 25 mars sera une fête officielle nationale islamo-chrétienne sous le signe de la Vierge Marie, personnage central des deux religions. Pourquoi pas ? Mais alors qu’elle soit humaine, sensuelle et sexuée, belle et intelligente comme Agnès. Que ce soit un retour à la déesse-mère universelle donneuse de vie des sociétés primitives. Que cette femme supposée réunir par son amour toutes les tribus du Liban soit une Ishtar, une Venus, une Aphrodite, pas cette image stérilisée d’une femme en bleu et blanc, vierge malgré la maternité comme la voudraient ces hordes d’hommes rétrogrades et complexés.

Note: Le décolleté d'Agnès Sorel inspirera de nombreux artistes en voici trois exemples:



De gauche à droite: "L’anachronique Agnès Sorel" par Artiste Naïf, "Femme fatale" par Kees Van Dongen, et un tableau dejà vu sur ce blog "Dot painting no1" qui vous paraîtra maintenant moins abstrait!

vendredi 6 mars 2009

Lilith

Ce texte est une fiction. Tous les personnages de ce texte sont fictifs et toute ressemblance avec des personnes réelles, existantes ou ayant existé ne serait que pure coïncidence.

Dans un couple, contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, on n'est jamais deux. On est toujours, au moins trois. Il y a toujours un/e ‘ex’, un/e potentiel/le prohchain/e, dans tous les cas, il y a toujours le spectre de l’homme ou de la femme qui serait mieux, plus intelligent, plus beau, plus patient, qui n’aurait pas ce defaut ci ou celui-là.

Même Adam et Ève – le couple originel de la genèse – n’auraient pas été seuls en leur Éden. Adam aurait eu une première femme avant Ève… Vraiment ? Qui était-elle ? Qu’est-elle devenue ?

Le scribe de la version de la genèse qui a été retenue pour officielle, s’est en fait comporté comme le vulgaire censeur de la version originale. Et comme toujours, la version originale est bien plus belle, plus croustillante et plus réaliste que la version censurée.

Lilith, la première femme, est créée par Dieu à partir de la même argile qui lui a servi à créer Adam, contrairement à Ève qui, elle, sera créée à partir de l'une de ses cotes. Différentes versions s’opposent sur l’antériorité de la création de Lilith à celle d’Adam. D’après certains passages talmudiques Lilith aurait été créée au cinquième jour, et les créatures vivantes dont Dieu aurait peuplé les mers ne seraient autre que Lilith. D’autres versions affirment que Lilith aurait été créée juste avant Adam. Selon l’Alphabet de Ben Sira, un écrit hébreu du dixième siècle, Lilith, la première femme, est créée à l'égal d'Adam mais après lui: « Dieu créa Adam et vit qu’il était seul. Il dit : "Il n’est pas bon pour un homme d’être seul". Alors, Il créa une femme, à partir de la terre comme Adam et Il l’appela Lilith. » Dans toutes ces versions Adam et Lilith sont créés selon le même processus et à partir de la même substance.

C’est alors que tout se gâte. Lilith exigeait de copuler à califourchon sur Adam, alors que lui – l'imbécile – n’aimait pas être en dessous. Reprenons le texte de l’Alphabet de Ben Sira :

Dieu créa Adam et vit qu’il était seul. Il dit : "Il n’est pas bon pour un homme d’être seul". Alors, Il créa une femme, à partir de la terre comme Adam et Il l’appela Lilith.

Adam et Lilith se querellèrent. Il lui dit : "Je ne me coucherai pas sous toi, mais seulement au-dessus de toi. Tu es faite pour être dessous, parce que je te suis supérieur". Lilith répondit : "Je ne me coucherai pas sous toi mais sur toi. Nous sommes égaux, nous avons été créés de la même terre". Aucun des deux ne voulut céder.

Lilith s’emporta et partit, ou fut chassée du paradis selon les versions. Toujours est-il qu’en Éden, elle se retrouve persona non grata… et Adam l’imbécile à nouveau seul. Macho et fils a papa, il va pleurer chez son Dieu : « Ô Souverain de l’Univers, la femme que tu m’as donnée est partie. »

Dieu, envoie alors trois des ses anges, Senoy, Sansenoy et Semangelof, pour convaincre Lilith de revenir. Mais Lilith, qui jouissait sans doute déjà des nombreux plaisirs de ce bas monde où aucun fruit n’est interdit, ne voulait plus entendre parler de cet ennuyeux Éden, et encore moins de ce fat d’Adam. En fait, d’après certains passages talmudiques, Lilith aurait épousé Asmodée. Satyre de la luxure et bon vivant, Asmodée est souvent dépeint en compagnie d’amis joviaux et pleins d’humour.

Voyant Adam effondré dans sa solitude, Dieu lui crée à partir de l’une de ses cotes cette deuxième femme, excroissance de l’homme, soumise, transparente, serviable, aimante, obéissante, potiche : Ève.

Mais, Adam ne s’est jamais remis de cette rupture et d’après l’écrivain arménien Avetik Isahakyan : « Quand ses lèvres disaient Ève, son âme toujours disait Lilith. » Ève, elle, était atrocement jalouse de cette femme, cette ‘ex’, dont elle savait qu’elle ne pourrait jamais égaler la sensualité. Elle savait aussi qu’elle ne pourrait espérer atteindre le degré de complicité qu’il y avait eu entre son Adam et cette Lilith.

La pauvre femme voulut faire de son mieux et monter à califourchon sur Adam qui, hanté par le souvenir des chevauchées de Lilith, n'en demandait pas mieux. Mais le Dieu coincé de l’époque – qui reste le même que celui d’aujourd’hui puisque l’église catholique ne reconnaît qu’une seule position parmi toutes celles généreusement proposées par le Kâma-Sûtra: celle, bien nommée, du missionnaire – excédé par tant de vulgarité les chassa tous deux du paradis.

Ce que l’histoire ne dit pas, c’est que, quand Adam et Ève arrivèrent en ce bas monde, chassés qu’ils étaient de leur Éden, ils n’étaient plus seuls. Lilith avec sa légendaire fertilité et Asmodée avec sa non moins légendaire érection permanente avaient déjà peuplé, de leur prolixe progéniture, une grande partie de ce bas monde où tous les fruits sont permis.

Adam et Ève continuèrent de vivre en pleurant leur Éden perdu, se flagellant tous les jours, culpabilisant d’avoir osé défier leur Dieu et de l’avoir déçu en faisant l’amour à califourchon.

Alors que Lilith et Asmodée continuèrent d’explorer les plaisirs de ce bas monde et, plus amusant encore, d’en inventer de nouveaux. Leur vie ne fut pas facile pour autant, mais ce sont eux qui firent avancer le monde... On leur doit tout !

lundi 2 mars 2009

Absurdité Atomique

C'est impressionnant le temps que le monde entier perd à se demander si l'Iran a déjà de quoi fabriquer une bombe atomique, et dans le cas ou il a de quoi la fabriquer s'il le veut vraiment, et dans le cas ou il a de quoi la fabriquer et qu'il le veut vraiment, s'il la fabriquera vraiment. Personne ne se demande si l'Iran, quand il aura la bombe atomique, aura seulement intérêt à la balancer sur qui que ce soit.

L'amiral américain Michael Mullen estime que l'Iran détient suffisamment de matériaux fissiles pour fabriquer une bombe atomique.
Le secrétaire à la défense américain, Robert Gates, a fait entendre un autre son de cloche. "Je pense qu'on s'est concentré de manière continue sur la manière d'amener les Iraniens à renoncer à un programme d'armement nucléaire. Ils ne sont pas près d'avoir des réserves [suffisantes]. Ils ne sont pas près d'avoir une arme à ce stade".
Selon l'AIEA, l'Iran dispose désormais de 1 010 kilos d'uranium faiblement enrichi issus de son centre de traitement de Natanz.
Si l'on en croit l'expert David Albright, de l'institut ISIS à Washington, cette quantité suffit, une fois convertie en uranium hautement enrichi, à mettre au point une bombe atomique.
En revanche, les experts de l'AIEA estiment que 1 700 kilos d'uranium faiblement enrichi sont nécessaires pour procéder, après l'avoir hautement enrichi, à la fabrication d'une arme atomique.
L'ambassadeur iranien auprès de l'AIEA, Ali Asghar Soltanieh, a insisté sur le fait que le site de Natanz, par ailleurs étroitement surveillé par l'AIEA, ne permettait pas de produire d'uranium hautement enrichi.
Le directeur général de l'AIEA, Mohamed ElBaradei, s'était récemment dit convaincu que l'Iran cherchait à acquérir la technologie permettant d'accéder à l'arme atomique, mais il s'était montré plus réservé sur la question de savoir si Téhéran voulait vraiment la fabriquer.
Le gouvernement iranien vient d'annoncer qu'il comptait désormais 6 000 centrifugeuses procédant à l'enrichissement d'uranium.
Extrait: lemonde.fr avec AFP | 02.03.09 |

En ce qui concerne la dissuasion, l'Iran a déjà de quoi dissuader plus d'un: fermeture du détroit d'Hormuz; bombardement des terminaux pétroliers de la rive arabe du Golfe, déstabilisation du Liban, de l'Irak, de l'Afghanistan, et même d'Israël dans une certaine mesure... la dissuasion atomique ne viendra que s'ajouter marginalement a cette série ; et d'autant plus marginalement que cette série et bien plus plausible et réalisable (donc efficace) de la part d'un acteur étatique acculé que l’hypothétique lancement d'une bombe atomique sur un quelconque autre état.

En ce qui concerne la dissémination vers des groupes terroristes, la technologie nucléaire est bien plus en danger au Pakistan qui s'enfonce chaque jour un peu plus dans un innommable chaos, que dans un Iran potentiellement atomique tenu d'une main de fer par les mollahs.

Mais alors, que faire? Au lieu de compter les centrifugeuses et les kilos d'uranium enrichis en pissant dans son froc... accepter l'idée d'un Iran atomique et négocier une levée des sanctions, un transfert de technologie et des partenariats industriels contre un désarmement du Hezbollah, une intégration du Hamas dans l'Autorité Palestinienne, une reconnaissance de l'Etat d'Israël, une participation active de l'Iran dans la stabilisation de ces trois voisins infernaux que sont l’Irak, l’Afghanistan et le Pakistan...

Alors, atomic peace and love... Je rêve ?

Mais... Monsieur Obama, I thought we could !

mercredi 18 février 2009

Take Five



mardi 10 février 2009

L'estomac d'un ruminant

mercredi 21 janvier 2009

Hope... Change... Play... !

lundi 19 janvier 2009

The Cohen's List

NYT Op-Ed Columnist Roger Cohen's list:

With apologies to Billy Joel, who’s more of a chronologist, and in tribute to a president, Barack Hussein Obama, representing a new post-cold-war generation of 21st-century Americans.

We Didn’t Start the Fire (2)

Bill Clinton, Tina Fey, capitalist China, O.J.,
Asia rising, Facebook, Kareem Abdul-Jabbar
Dick Cheney, Rumsfeld, Ugg boots, Seinfeld
West Bank, Gaza City, Tupac Amaru Shakur
Mohamed Atta, W.M.D., Harry Potter, Reality TV
Tom Cruise, American Beauty, MP3, Oprah Winfrey
Schwarzenegger, YouTube, America’s got organic food
Armstrong, blogosphere, Monica Lewinsky

We didn’t start the fire
It was always burning
Since the world’s been turning
We didn’t start the fire
No we didn’t light it
But we tried to fight it

mercredi 5 novembre 2008

Le rêve ressucité !



Jusqu’à ce matin, cette bannière n’aurait jamais eu sa place sur cette page. Durant ces huit dernières années elle a representé des valeurs qui sont aux antipodes de celles de l’auteur de ce blog.

Elle a representé le conservatisme, la réduction des libertés civiles, la bigoterie, les prisons secrètes, la torture, la peur, l’injustice, l’invasion, la bêtise, la guerre, la collusion entre la politique et les affaires, la collusion entre la politique et de puissantes sectes religieuses…

Ce matin, le rêve est ressucité… et cette bannière etoilée m’apparaît sous un tout nouveau jour, le jour du métissage, de l’opportunité, de la culture, de la primauté de l’intellect sur la pulsion et de la richesse du mélange sur la pureté fantasmée par les fanatiques de tous bords, de l’espoir…

Ce matin, je me suis senti, un peu… américain !

lundi 15 septembre 2008

Jazz Me!


Jazz Me! Par Camille

dimanche 15 juin 2008

Is this aboriginal dreamtime?


Dot painting no1, par Camille

mardi 13 mai 2008

Status quo ante bellum : Le Liban eternel

Au delà de la honte… Au delà de la rage… Au delà du désespoir… Au delà de l’espoir… Au delà de la déception… Au delà de ce mépris pour cette classe politique qui n’a pas compris que les mêmes causes conduisent aux mêmes effets… Au delà de tous ces sentiments humains… Au delà même des questions qui me taraudent depuis ce 7 mai 2008 lorsque les barricades se sont (re)dressées à Beyrouth comme la matérialisation de vieux cauchemars: est-ce le début d’une deuxième interminable guerre civile au Liban ? Combien de temps Beyrouth va-t-elle rester divisée ? Ces combats vont-ils mener au ‘nettoyage’ des quartiers et régions ‘mixtes’ ?

Je suis au delà de tout cela et observe crument presque indécemment la réalité sur le terrain :

Hassan Nasrallah est bien trop intelligent pour ne pas savoir que son Hezbollah a perdu toute crédibilité en tant qu’organe de résistance supposé protéger l’ensemble des Libanais, de tous les bords politiques, contre les agressions du dit ‘ennemi sioniste’.
Hassan Nasrallah est bien trop intelligent pour ne pas savoir qu’il devra forcement se retrouver a une table de dialogue face à ceux qu’il encercle aujourd’hui de sa force militaire. Et que ce jour venu il ne sera plus le sage Sayyed dont tout le monde respecte le martyr et la cause mais un simple petit chef de guerre qui a délibérément pris la décision de replonger le Liban dans ses pires cauchemars.
Hassan Nasrallah est bien trop intelligent pour ne pas savoir que le jour du dialogue venu son pouvoir de négociation sera bien inférieur à ce qu’il a été avant que ses armes ne se retournent contre ses compatriotes.
Hassan Nasrallah est bien trop intelligent pour ne pas savoir qu’il a tout perdu ; et que les seuls moyens qu’il a de rester dans la course sont la force et/ou le retour, sous une forme ou sous une autre, de la tutelle syrienne au Liban. Et Hassan Nasrallah sait tres bien que le retour d’une telle tutelle ne peut se faire que si l’Arabie Saoudite, l’Egypte et les Etats-Unis acceptent de perdre cette nouvelle guerre du Liban qui se joue depuis 2004.

Michel Aoun lui, est bien trop stupide pour réaliser que le jour du dialogue venu il fera partie des dégâts collatéraux. Ou alors, s’il n’est pas si stupide que ca, il le réalise peut-être et prépare déjà ses valises.

Nabih Berri, est très intelligent. Combien de fois l’a-t-on pris pour politiquement mort, et combien de fois a-t-il su capitaliser sur les positions les plus inconfortables. Il y a quelques jours à peine on le disait complètement dissous dans le Hezbollah, et il réapparait aujourd’hui comme le seul homme capable d’arrondir les angles et d’éviter le pire. Bravo Istez es Kâma-Sûtra ! Nous aurions seulement préféré voir cette extrême intelligence bismarckienne couplée à un peu plus de courage politique.

Walid Joumblat, rompu depuis des générations à l’art de la guerre clanique est dans son élément, et il sait que s’il a perdu une bataille, il est loin d’avoir perdu la guerre.

Saad Hariri a peur, mais il a confiance.

Oui, je suis au delà de tout cela et observe crument presque indécemment l’histoire :

C’était il y 50 ans tout rond ! nous sommes en 2008 c’était en 1958; des barricades se sont dressées dans Beyrouth.

A cette époque (1956) l’Egypte de Nasser nationalise le Canal de Suez. Cette première action souveraine d’un Etat arabe indépendant est perçue par les anciennes puissances coloniales, la France et la Grande Bretagne, et le jeune Etat d’Israël comme une souveraine provocation.
Aujourd’hui c’est l’Iran d’Ahmadinejad qui provoque souverainement les Etats-Unis et le maintenant moins jeune Etat d’Israël en enrichissant de l’uranium dans le but non avoué, mais probable, d’acquérir l’arme nucléaire.

En 1958, l’Egypte est renforcée par la guerre de Suez (1956) menée par Israël, la France et le Royaume Uni, stoppée par une intervention Américaine pour éviter une confrontation avec l’Union Soviétique (pour faire très court).
En 2008, l’Iran sort extrêmement renforcé par les deux guerres menées par les Etats-Unis, l’une en Afghanistan (2001) contre les Talibans, l’autre en Iraq (2003) contre le régime Baathiste de Saddam Hussein. Les Etats-Unis ont, par ces deux guerres, débarrassé l’Iran de ces deux pires ennemis régionaux.

En 1958, Camille Chamoun alors président de la république, refuse de rompre les relations diplomatiques avec le Royaume-Uni et la France. Les barricades se dressent dans Beyrouth et un conflit éclate dans la montagne entre les partis chrétiens pro-occidentaux et les partis à majorité musulmane pro-Nasser. C’est la mini guerre civile de 1958.
En 2008, le 14 mars, les Etats-Unis, bla bla… et le 8 mars, l’Iran, bla bla… les barricades se dressent dans Beyrouth et un conflit éclate dans la montagne.

En 1958 le Liban paye le prix de l’expansionnisme Egyptien.
En 2008 le Liban paye le prix de l’expansionnisme Iranien.

En 1958, un militaire est élu président de la république (Fouad Chehab), et une personnalité de l’opposition Rashid Karamé est désignée au poste de premier ministre.
En 2008, un militaire Michel Sleimane ? un gouvernement d’union nationale ?

Je suis au delà de tout cela et observe crument presque indécemment le temps long :

Depuis le 19e siècle, le scenario est identique au Liban. Des désaccords locaux, tribaux, familiaux ou confessionnels, imbriqués dans des alliances régionales ou internationales, conduisent à des guerres fratricides, à des massacres dans la montagne, et plus tard à des barricades dans les villes.

Alors quoi ? le Liban eternel avec ses montagnes et ses rivières, sa cote et ses forets… le Liban eternel avec son peuple ‘message’ de cohabitation pacifique, avec son peuple ‘message’ de guerres fratricides?

Peut-être que le Liban devrait cesser d’être eternel ! Chaque crise se résout par un retour au status quo ante bellum. Depuis la mutasarfieh jusqu'à Taef en passant par le pacte de 43, c’est à chaque fois le status quo ante bellum ! à chaque fois un petit aménagement de ce qui ne devrait plus être qu'un ancien régime !

Oui, il faut une rupture, il faut que le Liban cesse d’être eternel, il faut que le Liban entre dans le temps… dans la modernité !

Mais comment et à quel prix ?

mercredi 27 février 2008

جمل في المدينة - دبي


Un chameau dans la ville - Dubai, par Carole

mercredi 6 février 2008

Je blog, persiste et signe...

C’était il y a huit ans, en mai 2000. Tsahal se retirait du Sud-Liban sous les coups de boutoirs du Hezbollah. Issa Ghoraieb écrivait dans son éditorial : « Israël perd enfin l’interminable guerre du Liban ». Quel plaisir!

Moi, j’étais à Barcelone, j’avais les cheveux longs et portais court autour du coup, un collier de rondelles de bois. Au bas de Las Ramblas, à droite en descendant vers le port, dans une ruelle du Raval qui sentait l’urine et dans laquelle trainaient, les implants mammaires à l’air, quelques pathétiques travelos tout droit sortis d'un film de Pedro Almodovar, il y avait ce petit bouiboui : Le Pastis. Angel, ex-journaliste désabusé, barbe grise du socialiste espagnol, proprio du Pastis, tenait le bar après 8 heures… jusqu'à ce que mort s’en suive. Françoise au micro et à la guitare chantait des chansons de variété. Surtout le « je suis venu te dire que je m’en vais » de Gainsbourg qu’elle entonnait comme un hymne trois, quatre ou même cinq fois par nuit à la demande d’Angel qui l’accompagnait mélancoliquement de son accent espagnol « yé souis vénou té dirre qué yé m’an vé »… Françoise chantait aussi beaucoup de Brel.

Brel dont je suis un grand fan et dont je peux encore – je crois – débiter l’ensemble du répertoire sans manquer une seule liaison. Brel que j’ai découvert très tôt – vers neuf ou dix ans – dans ce meuble en nacre, au salon de notre appartement d’Achrafieh, qui sentait le bois et les liqueurs et dans lequel étaient entreposés des dizaines de 33 tours, de Jacques Brel aux Doors en passant par les trois petits cochons et Pierre et le loup. Brel, donc, qui m’a suivi tout le long de ma vie, resurgissant ici ou là… me rappelant lorsque j’étais banquier que « désolé bergère, j’aime pas les moutons », me rappelant lorsque j’étais largué que « non Jef t’es pas tout seul » ou lorsque j’étais amoureux qu’ « on beau faire, on a beau dire… », me faisant même aimer cette « quelconque Belgique » que je n’avais jamais vue… Brel qui resurgit ici ou là, là ou je l’attend le moins, est resurgi la semaine passée à Dubai, dans l’improbable théâtre de Madinat Jumairah. Un belge venu, dit-on, d’Afrique du Sud donnait un spectacle. Brel à Dubai… quel paradoxe ! Je ne pouvais pas manquer ça… rien n’aurait jamais pu me faire mettre les mots Brel et Dubai dans une même phrase… voilà c’est fait.

Brel à Dubai… tant qu’il ne va pas à Damas, me diriez vous… célébrer la culture arabe qui croupit dans les prisons du Baath… comme d’autres… Fairuz, par exemple, payée – ai-je lu quelque part – plusieurs millions de dollars pour aller à Damas chanter en play-back… quelle mascarade ! Mais c’est bien connu, Fairuz, malgré son immense talent, est antipathique.

Mais vous, Milan Kundera… vous Monsieur Kundera que j'ai lu et relu... là ou vous écriviez Prague je lisais Damas, la ou vous parliez de chars Russes, je voyais ce barrage syrien qui humiliait ma ville et ma montagne… Vous Monsieur, combien vous à-t-on payé pour renier tout ce qui a fait la période Tchèque de votre littérature. Monsieur Kundera, vous allez tranquillement discuter de la 'culture arabe' dans un confortable salon de Damas alors que Michel Kilo et tant d’autres croupissent dans la prison du coin. Pour célébrer la culture arabe Monsieur Kundera, c’est avec Michel Kilo (emprisonné), c’est avec Samir Kassir (assassiné), c’est avec Georges Haoui (assassiné), c’est avec Farouk Mardam-Bey (exilé) – et j’en passe – que vous devriez discuter. En allant à Damas, vous allez faire un voyage dans le temps et retrouver le Prague de vos années Bohème-Moravie, le Prague des chars russes. En allant à Damas vous allez légitimer un état de fait que vous avez si intelligemment, si brillamment, et avec tant d’humour et de poésie, critiqué, démonté, descendu, absurdifié. En allant à Damas vous allez renier, trahir, votre littérature. C'est dans "L'art du Roman", je crois, que vous écriviez que le roman, une fois écrit devenait un peut plus intelligent que son auteur. Eh bien Monsieur, vos livres aujourd'hui sont devenus beaucoup plus intelligents que vous. Heureusement que les mots, dans les volumes de ma bibliothèque beyrouthine, ne changeront pas, eux ! Pour moi, ils ne seront simplement plus de vous.

Ah ce régime ! Où puise-t-il tant de machiavélisme ?

Michel Kilo : emprisonné
Samir Kassir : assassiné
Georges Haoui : assassiné
Farouk Mardam-Bey : exilé
...
Milan Kundera : acheté (?)
Quelle ‘Plaisanterie’ !

Jacques Brel est mort, il n’ira pas à Damas chanter « Les F… »...

En rentrant chez moi, après le concert du faux Brel venu de Johannesbourg, j’ai écouté, en lecture aléatoire, le vrai Jacques Brel dans ma voiture. Et le vrai Jacques Brel s'est mis à chanter à plein poumons cette chanson intitulée « Les F… » pour : Les Flamingants ! et je me suis souvenu que quelques semaines plus tôt j’ai hésité à publier un post sur stroobia dans lequel je dis ce que je pense de l'un des chefs de file du 8 Mars… je me suis souvenu que je m’en voulais encore d’avoir hésité. Encore une fois, Brel, au moment ou je m’y attendais le moins, m’a rappelé à mes valeurs:
Les Flamingants, chanson comique !

Messieurs les Flamingants. J'ai deux mots à vous rire
Il y a trop longtemps que vous me faites frire
À vous souffler dans le cul, pour devenir autobus
Vous voilà acrobates mais vraiment rien de plus (…)

Tu vois quand j'pense à vous, j'aime que rien ne se perde
Messieurs les Flamingants : Je vous emmerde (…)
Cessez de me gonfler mes vieilles roubignoles (…)
Vous êtes tellement, tellement beaucoup trop lourds

Que quand les soirs d'orage des chinois cultivés
me demandent d'où je suis, je réponds : fatigué (…)
Vous n'avez pas l'air con, vraiment pas con du tout
Et moi je m'interdis de dire que je m'en fous (…)

Et si mes frères se taisent et bien tant pis pour elles

Je chante, persiste et signe : Je m'appelle Jacques Brel

mercredi 23 janvier 2008

Au zoo ! Au zoo !

Je n’ai pas souvent été au zoo. Deux fois au Jardin des plantes à Paris, deux fois au zoo d’Anvers, et une foi au zoo d’Al Ain. C’était la semaine dernière. J’y ai vu un lion en cage, un chimpanzé dépressif, des macaques en train de copuler, des tortues endormies, des chats sauvages, il y avait aussi quelques familles d’humains qui regardaient tout ça. C’est triste un zoo.

Quelques jours plus tard j’ai vu la dignité humaine si lamentablement trainée dans la boue que j’en ai eu la nausée. Le chef du Hezb haranguait la foule qui célébrait Achoura. Il hurlait, comme à son habitude, à en donner des frissons dans le dos. Dans sa langue arabe si bien articulée malgré son défaut de prononciation qui aurait rendu ridicule plus d’un, il hurlait en agitant le doigt :

Nous possédons des membres de soldats israéliens, nous possédons des membres, nous possédons des bras, nous possédons des jambes, nous possédons des têtes, nous possédons même les trois quart d’un corps.
Quelle horreur… cet homme… cet homme… j’ai du mal à encore le qualifier d’homme… je l’ai pourtant admiré un jour pour son courage, son abnégation pour sa cause, son intelligence, son franc parler, je l’ai même remercié quand, à la tête de sa troupe de barbus, il a libéré le Sud-Liban en 2000… cet homme, je le verrais bien dépérir dans une cage d’un zoo mal entretenu, je le verrais bien se gratter lentement le torse comme ce chimpanzé du « zoo d'Anvers qui meurt à moitié, qui meurt à l'envers, qui donnerait ses pieds pour un révolver ».

J’ai la nausée quand je pense que quelque part, dans mon pays, il y a un grand frigo avec dedans les bras, les jambes, les têtes et les trois quart du corps de jeunes gens de 20 ans… et dire qu’il y a des idiots pour en être fier.

Des jambes qui devraient être en train de danser sur les rythmes endiablés de la night life de Tel Aviv, mais qu’un insensé gouvernement a préféré envoyer au casse pipe, pour tuer… des enfants*.
* L’Unicef aurait estimé que 30 % des tués lors de la guerre israélo-libanaise de juillet-août 2006 étaient des enfants de moins de treize ans.
Criminel gouvernement israélien qui depuis quelques jours étouffe le peuple gazzaoui sous prétexte que quelques excités lancent régulièrement de petits pétards à partir du ghetto sordide dans lequel ils sont confinés. Criminel gouvernement qui coupe les vivres, le carburant, l’électricité, l’eau, tout… et laisse cyniquement mourir les enfants dans les hôpitaux, laisse crever les malades, affame les familles… L’ONU parle de crise humanitaire… quel scandale ! l’ONU parle de crise humanitaire comme si une force de la nature, un tsunami, une tempête, un incendie, un tremblement de terre, empêchaient les vivres d’arriver. Non ! Ce n’est pas une crise humanitaire. C’est un crime froidement et cyniquement décidé et perpétré par un gouvernement, par des hommes et par des femmes…

Au zoo ! Tous au zoo !

Je crois que je n’irai plus au zoo… j’y suis.

mardi 1 janvier 2008

Kwaheri Nairobi !

2007 se termine mal au Pakistan avec l’assassinat de Benazir Bhutto et 2008 commence mal au Kenya avec le début d'un massacre et l'effondrement d'un système. Au Kenya, des violences urbaines post-électorales à caractère ethno-politique font 300 morts en quelques jours, au Pakistan les tensions pré-électorales conduisent à un assassinat dont les retombées n'ont pas fini de se faire sentir au Pakistan et au delà. L'assassinat de Bhutto tue dans l'œuf une tentative de rendre pluraliste un système très fermé, alors qu'au Kenya une élection douteuse jette dans l'abîme des violences ethniques une démocratie africaine qui semblait se distinguer de son environnement par sa stabilité et sa prospérité.

En contemplant la triste actualité de ces derniers jours, je ne peux m'empêcher de penser à un troisième pays, le mien, qui excelle dans l'art abject de l'assassinat politique pré-électoral, et qui garde en mémoire de sanglants massacres ethno-politiques (chez moi, on dira confessionnels mais c'est la même chose) comme une possible situation post-électorale.

je ne peux non plus m'empêcher de me souvenir de la stupéfiante guerre israélo-libanaise de juillet-août 2006, lorsque je vois sur internet la triste et paradoxale période d'adaptation entre une prospérité heureuse et un terrible basculement dans l'horreur. On peut lire côte à côte sur internet ces deux annonces:

Kenya: 30 brulés vifs dans une église, au moins 299 morts
Kenya: Safaris tourisme, photo, voyage de noces - météo

Pourquoi ?

Je ne crois pas (sauf à de rares exception près) aux massacres ethniques spontanés. Les violences ethniques de même que les assassinats politiques sont, je pense, de sinistres instruments de pression, de politique et, plus cynique encore, de communication aux mains d'hommes politiques sans scrupules.

Je comptais me rendre bientôt au Kenya, prendre un taxi londonien dans les rues de Nairobi, aller peut être à Mombasa, surement m'évader dans la nature, regarder galoper un troupeau de zèbres, et brouter un couple de girafes, apprendre quelques mots de swahili... rien de tout cela !

Comme des centaines de milliers de personnes depuis le sinistre été 2006 qui disent Beyrouth 2ilalliqa2, je dis, non sans tristesse devant tant de gâchis : Kwaheri Nairobi, à la prochaine...

2007 se termine donc sur une note pessimiste et 2008 commence sur une note tout aussi pessimiste.

Quant à moi, cela fait un mois que j'ai quitté la riche et posée Abu Dhabi. Maintenant, je vis et travaille au bord d'une autoroute : Dubaï.