Le Blau Mari
Ce texte est une fiction. Tous les personnages de ce texte sont fictifs et toute ressemblance avec des personnes réelles, existantes ou ayant existé ne serait que pure coïncidence. Ce texte a été publié par Les Impromptus Littéraires.
Se non è vero, è ben trovato
Ce texte est une fiction. Tous les personnages de ce texte sont fictifs et toute ressemblance avec des personnes réelles, existantes ou ayant existé ne serait que pure coïncidence. Ce texte a été publié par Les Impromptus Littéraires.
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Camille
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Je ne vais pas ouvrir ici le débat stérile sur les racines européennes ou africaines du jazz. Le jazz est une musique américaine qui, comme l'Amérique tout entière de l’Alaska à la Patagonie, a des racines tant africaines qu’européennes (entre autres). D’ailleurs, l’Europe et l’Afrique n'auraient pu aussi bien fusionner ailleurs qu'ailleurs ; c’est à dire dans le nouveau monde. Le jazz est donc plutôt né, à la fin du XIXe siècle, de la rencontre de deux Amériques : L’Amérique rurale des plantations et celle urbaine des grands ports.
Jusqu'à l’interdiction de la traite atlantique en 1808, des centaines de milliers d’esclaves d'Afrique de l'Ouest sont débarqués par les négriers dans les colonies du sud pour servir dans les plantations. En Caroline du Sud, par exemple, les esclaves constituent plus de la moitié de la population. Dans les plantations, les esclaves africains chantent des work songs inspirées de leurs chants africains sous forme d’appel/réponse. La blue note serait déjà présente dans les chants appel/réponse traditionnels d'Afrique de l'Ouest. Les esclaves africains accompagnent leurs chants d'un proto-banjo (qui deviendra une guitare, plus tard accompagnée d'un harmonica) et de percussions simples. Le blues rural, musique "negre" et américaine par excellence, est né.
The Old Plantation, aquarelle sur papier vergé, The Abby Aldrich Rockefeller Folk Art Museum, Williamsburg, Virginia
Scott Joplin qui codifie le ragtime et lui donne sa forme définitive, est né dans le Texas en 1867 peu après l’abolition de l’esclavage. Son père joue du violon et sa mère du banjo. Il sera en contact avec un piano dans une famille blanche ou sa mère est femme de ménage. Malgré ses difficultés financières, conscient du talent de son fils, le père de Scott lui offre un piano et des cours avec un professeur allemand qui lui enseigne l’harmonie et la composition et l’initie aux genres musicaux européens. En 1899, Joplin compose le ‘Maple Leaf Rag’ qui sera un succès dans l’ensemble du pays. C’est le premier "tube" de l’histoire de la musique.Le 'Maple Leaf Rag' joué par Joplin lui-même en 1899 (?) enregistré sur piano roll, le plus ancien support permettant de stocker de la musique. | Le 'Maple Leaf Rag' joué par le Halfway House Orchestra en 1925. Le Halfway House était un club de la Nouvelle-Orléans qui opérait de 1914 à 1930. |
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21:31
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C'était le 28 septembre 1991, j'avais 16 ans, j'étais à Paris en vacances. Ce jour là, à Santa Monica, en Californie, Miles Davis se tait. A Paris, comme partout probablement, des photos de lui envahissent les disquaires. Je suis impressionné par l'esthétique élégante et dégingandée de cet homme noir à trompette. J'achète un de mes premiers CDs, le plus exposé dans les bacs, forcement l'inégalé 'Kind of Blue', l’album de Jazz le plus vendu à ce jour (je crois).
En août 2008, à mon retour du festival de Jazz de Montréal j'achète un saxophone alto et commence un sinueux et fascinant voyage dans le monde du Jazz. Depuis ce jour, j'ai été plusieurs fois confronté à cette question: "mais au fait, c'est quoi au juste le Jazz ?" sans avoir jamais vraiment pu y répondre. Et pour cause, le Jazz n'est pas facile à définir :
Louis Armstrong répond : "If you have to ask, you'll never know."
Miles Davis plutôt d'accord répond : "I'll play it first and tell you what it is later."
Thelonious Monk est plus clair : "I don't have a definition of jazz... You're just supposed to know it when you hear it."
Pour Katherine Boeyen : "Jazz is sex."
Pour Wynton Marsalis : "Jazz is something Negroes invented, and it said the most profound things — not only about us and the way we look at things, but about what modern democratic life is really about. It is the nobility of the race put into sound ... jazz has all the elements, from the spare and penetrating to the complex and enveloping. It is the hardest music to play that I know of, and it is the highest rendition of individual emotion in the history of Western music."Après plus d'un an de ce voyage, je ne suis sûr que d'une seule chose : I know it when I hear it.
Pour Gerald Early : “When they study our civilization two thousand years from now, there will only be three things that Americans will be known for: the Constitution, baseball and jazz music. They're the three most beautiful things Americans have ever created.”A suivre…
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Camille
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10:16
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Walid Joumblatt, en tant que zaïm d’une communauté ultra-minoritaire au Moyen-Orient, aura toujours un double objectif dont l’accomplissement restera une question de vie ou de mort : (1) conserver le leadership de la maison Joumblatt sur les Druzes du Liban, et (2) maintenir la communauté Druze dans l’équation politique régionale.
![]() |
| Photo: Playboy 1984 |
Je ne suis pas à une contradiction près. Issu d’un milieu bourgeois à caractère fondamentalement féodal, je défends, fidèle à une tradition ancestrale, les intérêts d’une communauté montagnarde, déshéritée, en marge des circuits économiques prospères qui ont fait la fortune des maronites et des sunnites depuis des lustres. Mon alliance avec Saad Hariri s’explique par la dimension sociale de l’héritage politique de son père, les impératifs géopolitiques locaux et internationaux à la suite de l’assassinat de Rafic Hariri et l’espoir de voir le fils continuer l’œuvre de son géniteur, un grand bâtisseur, soucieux du sort du Liban, toutes confessions confondues, des marginaux et des laissés pour compte de la croissance.Le dernier retournement de veste du Bey – il prend ses distances avec le 14 Mars et annonce la création d’un pôle centriste dont il prend la tête et… qui l’aime le suive ! – semble avoir parfaitement accompli ce double objectif.
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11:19
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C'est étrange, mais tout en préparant ce joli hémicycle qui semble résulter d'une belle élection démocratique – chose rare dans un pays du moyen orient – j'avais la désagréable impression qu'il était déjà obsolète. La formation du gouvernement, dans les semaines à venir, confirmera ou infirmera cette impression. A suivre...
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14:32
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10:24
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L'homme regarde la montre qu'il porte à sa main droite, vérifie qu'elle donne la même heure que la grande horloge murale, en même temps, de sa main gauche, il ôte son chapeau en feutre encore humide de la bruine parisienne et le pose sur la table qui se situe en face de lui; tout cela en une fraction de seconde, le temps de prononcer les mots suivants: « oui oui oui non non mais... ».
Une femme d’un certain âge, habillée de manière assez excentrique, l’attendait à la table qui jouxtait celle à la quelle j’étais assis. Nous avons discuté un moment ; si je me souviens bien il avait un prénom composé, Jean-Claude ou Jean-Marie et habitait un appartement de la rue Saint-Jacques. C’était en Novembre 2007.
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15:17
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Agnès Sorel, née vers 1420 en Picardie, était la demoiselle de compagnie d'Isabelle de Lorraine, reine de Sicile. Jeune, belle et ingénue elle s’attire les faveurs du Roi de France Charles VII et en devient la favorite vers 1444. Charles VII est sous le charme et ne s’en cache pas. Monstrelet écrira "Comme entre les belles elle était tenue pour être la plus belle du monde, elle fut appelée damoyselle de Beaulté…".
Agnès, la Demoiselle de Beauté, sera la première maîtresse publique d’un roi de France supplantant même la reine par sa notoriété. Elle sera considérée comme la Première Dame officieuse du Royaume de France. En plus de sa beauté légendaire, Agnès avait reçu une excellente éducation, elle était cultivée, modeste et intelligente.
Elle choque par ses tenues qui dévoilent ses seins, on l’accusera d’inciter à la débauche et au vice. Jean Jouvenel des Ursins sera très sévère, et écrira au roi "en son hostel mesme il mist remesde tant en ouvertures de par devant par lesquelles on voit les tétins, tettes et seings de femme…". Agnès est d’ailleurs connue pour avoir inventé le décolleté. La voici peinte par l’enlumineur et peintre Jean Fouquet :
Sa beauté et sa sensualité sont mises en valeur dans ce portrait. Son décolleté entrouvert laissant paraître un sein en deviendra le symbole. A sa main gauche, un livre entre les pages duquel elle glisse un doigt pour ne pas perdre le fil de sa lecture souligne sa culture et l’importance de son intellect. Cette femme est totale: belle, dévergondée, sensuelle, intellectuelle et intelligente, quel homme n’en serait pas amoureux ?
Par sa sexualité exacerbée et son ostensible sensualité, elle sera accusée de débaucher le roi connu pour sa chasteté. Elle sera tenue pour responsable du réveil sensuel de Charles VII. Elle avait, par conséquent, sur lui une réelle influence psychologique, et, dit-on, n’était pas innocente de certaines décisions politiques du monarque.
Pour finir de choquer les moralistes dont étaient Thomas Basin et Jean Jouvenel des Ursins, le roi commande à Jean Fouquet une Vierge Marie à l’Enfant sous les traits de la belle ingénue. C’est l’image religieuse la plus érotique que je connaisse :
On la voit ici couronnée et entourée d’anges et de chérubins rouges et bleus. A sa gauche, l’enfant remplace le livre.
Agnès sera assassinée par empoisonnement au mercure. Dans sa douleur terrible le roi commandera deux magnifiques tombeaux de marbre, l’un pour le corps d’Agnès et l’autre pour son cœur. La haine et la jalousie auront eu raison de la plus belle et plus intelligente femme du Royaume de France.
Au Liban, suite à une décision du Conseil des Ministres, le 25 mars sera une fête officielle nationale islamo-chrétienne sous le signe de la Vierge Marie, personnage central des deux religions. Pourquoi pas ? Mais alors qu’elle soit humaine, sensuelle et sexuée, belle et intelligente comme Agnès. Que ce soit un retour à la déesse-mère universelle donneuse de vie des sociétés primitives. Que cette femme supposée réunir par son amour toutes les tribus du Liban soit une Ishtar, une Venus, une Aphrodite, pas cette image stérilisée d’une femme en bleu et blanc, vierge malgré la maternité comme la voudraient ces hordes d’hommes rétrogrades et complexés.
Note: Le décolleté d'Agnès Sorel inspirera de nombreux artistes en voici trois exemples:

De gauche à droite: "L’anachronique Agnès Sorel" par Artiste Naïf, "Femme fatale" par Kees Van Dongen, et un tableau dejà vu sur ce blog "Dot painting no1" qui vous paraîtra maintenant moins abstrait!
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16:40
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Ce texte est une fiction. Tous les personnages de ce texte sont fictifs et toute ressemblance avec des personnes réelles, existantes ou ayant existé ne serait que pure coïncidence.
Dieu créa Adam et vit qu’il était seul. Il dit : "Il n’est pas bon pour un homme d’être seul". Alors, Il créa une femme, à partir de la terre comme Adam et Il l’appela Lilith.
Adam et Lilith se querellèrent. Il lui dit : "Je ne me coucherai pas sous toi, mais seulement au-dessus de toi. Tu es faite pour être dessous, parce que je te suis supérieur". Lilith répondit : "Je ne me coucherai pas sous toi mais sur toi. Nous sommes égaux, nous avons été créés de la même terre". Aucun des deux ne voulut céder.
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20:54
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C'est impressionnant le temps que le monde entier perd à se demander si l'Iran a déjà de quoi fabriquer une bombe atomique, et dans le cas ou il a de quoi la fabriquer s'il le veut vraiment, et dans le cas ou il a de quoi la fabriquer et qu'il le veut vraiment, s'il la fabriquera vraiment. Personne ne se demande si l'Iran, quand il aura la bombe atomique, aura seulement intérêt à la balancer sur qui que ce soit.
L'amiral américain Michael Mullen estime que l'Iran détient suffisamment de matériaux fissiles pour fabriquer une bombe atomique.
Le secrétaire à la défense américain, Robert Gates, a fait entendre un autre son de cloche. "Je pense qu'on s'est concentré de manière continue sur la manière d'amener les Iraniens à renoncer à un programme d'armement nucléaire. Ils ne sont pas près d'avoir des réserves [suffisantes]. Ils ne sont pas près d'avoir une arme à ce stade".
Selon l'AIEA, l'Iran dispose désormais de 1 010 kilos d'uranium faiblement enrichi issus de son centre de traitement de Natanz.
Si l'on en croit l'expert David Albright, de l'institut ISIS à Washington, cette quantité suffit, une fois convertie en uranium hautement enrichi, à mettre au point une bombe atomique.
En revanche, les experts de l'AIEA estiment que 1 700 kilos d'uranium faiblement enrichi sont nécessaires pour procéder, après l'avoir hautement enrichi, à la fabrication d'une arme atomique.
L'ambassadeur iranien auprès de l'AIEA, Ali Asghar Soltanieh, a insisté sur le fait que le site de Natanz, par ailleurs étroitement surveillé par l'AIEA, ne permettait pas de produire d'uranium hautement enrichi.
Le directeur général de l'AIEA, Mohamed ElBaradei, s'était récemment dit convaincu que l'Iran cherchait à acquérir la technologie permettant d'accéder à l'arme atomique, mais il s'était montré plus réservé sur la question de savoir si Téhéran voulait vraiment la fabriquer.
Le gouvernement iranien vient d'annoncer qu'il comptait désormais 6 000 centrifugeuses procédant à l'enrichissement d'uranium.
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14:54
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NYT Op-Ed Columnist Roger Cohen's list:
With apologies to Billy Joel, who’s more of a chronologist, and in tribute to a president, Barack Hussein Obama, representing a new post-cold-war generation of 21st-century Americans.
We Didn’t Start the Fire (2)
Bill Clinton, Tina Fey, capitalist China, O.J.,
Asia rising, Facebook, Kareem Abdul-Jabbar
Dick Cheney, Rumsfeld, Ugg boots, Seinfeld
West Bank, Gaza City, Tupac Amaru Shakur
Mohamed Atta, W.M.D., Harry Potter, Reality TV
Tom Cruise, American Beauty, MP3, Oprah Winfrey
Schwarzenegger, YouTube, America’s got organic food
Armstrong, blogosphere, Monica Lewinsky
We didn’t start the fire
It was always burning
Since the world’s been turning
We didn’t start the fire
No we didn’t light it
But we tried to fight it
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10:40
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Jusqu’à ce matin, cette bannière n’aurait jamais eu sa place sur cette page. Durant ces huit dernières années elle a representé des valeurs qui sont aux antipodes de celles de l’auteur de ce blog.
Elle a representé le conservatisme, la réduction des libertés civiles, la bigoterie, les prisons secrètes, la torture, la peur, l’injustice, l’invasion, la bêtise, la guerre, la collusion entre la politique et les affaires, la collusion entre la politique et de puissantes sectes religieuses…
Ce matin, le rêve est ressucité… et cette bannière etoilée m’apparaît sous un tout nouveau jour, le jour du métissage, de l’opportunité, de la culture, de la primauté de l’intellect sur la pulsion et de la richesse du mélange sur la pureté fantasmée par les fanatiques de tous bords, de l’espoir…
Ce matin, je me suis senti, un peu… américain !
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Camille
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Au delà de la honte… Au delà de la rage… Au delà du désespoir… Au delà de l’espoir… Au delà de la déception… Au delà de ce mépris pour cette classe politique qui n’a pas compris que les mêmes causes conduisent aux mêmes effets… Au delà de tous ces sentiments humains… Au delà même des questions qui me taraudent depuis ce 7 mai 2008 lorsque les barricades se sont (re)dressées à Beyrouth comme la matérialisation de vieux cauchemars: est-ce le début d’une deuxième interminable guerre civile au Liban ? Combien de temps Beyrouth va-t-elle rester divisée ? Ces combats vont-ils mener au ‘nettoyage’ des quartiers et régions ‘mixtes’ ?
Je suis au delà de tout cela et observe crument presque indécemment la réalité sur le terrain :
Hassan Nasrallah est bien trop intelligent pour ne pas savoir que son Hezbollah a perdu toute crédibilité en tant qu’organe de résistance supposé protéger l’ensemble des Libanais, de tous les bords politiques, contre les agressions du dit ‘ennemi sioniste’.
Hassan Nasrallah est bien trop intelligent pour ne pas savoir qu’il devra forcement se retrouver a une table de dialogue face à ceux qu’il encercle aujourd’hui de sa force militaire. Et que ce jour venu il ne sera plus le sage Sayyed dont tout le monde respecte le martyr et la cause mais un simple petit chef de guerre qui a délibérément pris la décision de replonger le Liban dans ses pires cauchemars.
Hassan Nasrallah est bien trop intelligent pour ne pas savoir que le jour du dialogue venu son pouvoir de négociation sera bien inférieur à ce qu’il a été avant que ses armes ne se retournent contre ses compatriotes.
Hassan Nasrallah est bien trop intelligent pour ne pas savoir qu’il a tout perdu ; et que les seuls moyens qu’il a de rester dans la course sont la force et/ou le retour, sous une forme ou sous une autre, de la tutelle syrienne au Liban. Et Hassan Nasrallah sait tres bien que le retour d’une telle tutelle ne peut se faire que si l’Arabie Saoudite, l’Egypte et les Etats-Unis acceptent de perdre cette nouvelle guerre du Liban qui se joue depuis 2004.
Michel Aoun lui, est bien trop stupide pour réaliser que le jour du dialogue venu il fera partie des dégâts collatéraux. Ou alors, s’il n’est pas si stupide que ca, il le réalise peut-être et prépare déjà ses valises.
Nabih Berri, est très intelligent. Combien de fois l’a-t-on pris pour politiquement mort, et combien de fois a-t-il su capitaliser sur les positions les plus inconfortables. Il y a quelques jours à peine on le disait complètement dissous dans le Hezbollah, et il réapparait aujourd’hui comme le seul homme capable d’arrondir les angles et d’éviter le pire. Bravo Istez es Kâma-Sûtra ! Nous aurions seulement préféré voir cette extrême intelligence bismarckienne couplée à un peu plus de courage politique.
Walid Joumblat, rompu depuis des générations à l’art de la guerre clanique est dans son élément, et il sait que s’il a perdu une bataille, il est loin d’avoir perdu la guerre.
Saad Hariri a peur, mais il a confiance.
Oui, je suis au delà de tout cela et observe crument presque indécemment l’histoire :
C’était il y 50 ans tout rond ! nous sommes en 2008 c’était en 1958; des barricades se sont dressées dans Beyrouth.
A cette époque (1956) l’Egypte de Nasser nationalise le Canal de Suez. Cette première action souveraine d’un Etat arabe indépendant est perçue par les anciennes puissances coloniales, la France et la Grande Bretagne, et le jeune Etat d’Israël comme une souveraine provocation.
Aujourd’hui c’est l’Iran d’Ahmadinejad qui provoque souverainement les Etats-Unis et le maintenant moins jeune Etat d’Israël en enrichissant de l’uranium dans le but non avoué, mais probable, d’acquérir l’arme nucléaire.
En 1958, l’Egypte est renforcée par la guerre de Suez (1956) menée par Israël, la France et le Royaume Uni, stoppée par une intervention Américaine pour éviter une confrontation avec l’Union Soviétique (pour faire très court).
En 2008, l’Iran sort extrêmement renforcé par les deux guerres menées par les Etats-Unis, l’une en Afghanistan (2001) contre les Talibans, l’autre en Iraq (2003) contre le régime Baathiste de Saddam Hussein. Les Etats-Unis ont, par ces deux guerres, débarrassé l’Iran de ces deux pires ennemis régionaux.
En 1958, Camille Chamoun alors président de la république, refuse de rompre les relations diplomatiques avec le Royaume-Uni et la France. Les barricades se dressent dans Beyrouth et un conflit éclate dans la montagne entre les partis chrétiens pro-occidentaux et les partis à majorité musulmane pro-Nasser. C’est la mini guerre civile de 1958.
En 2008, le 14 mars, les Etats-Unis, bla bla… et le 8 mars, l’Iran, bla bla… les barricades se dressent dans Beyrouth et un conflit éclate dans la montagne.
En 1958 le Liban paye le prix de l’expansionnisme Egyptien.
En 2008 le Liban paye le prix de l’expansionnisme Iranien.
En 1958, un militaire est élu président de la république (Fouad Chehab), et une personnalité de l’opposition Rashid Karamé est désignée au poste de premier ministre.
En 2008, un militaire Michel Sleimane ? un gouvernement d’union nationale ?
Je suis au delà de tout cela et observe crument presque indécemment le temps long :
Depuis le 19e siècle, le scenario est identique au Liban. Des désaccords locaux, tribaux, familiaux ou confessionnels, imbriqués dans des alliances régionales ou internationales, conduisent à des guerres fratricides, à des massacres dans la montagne, et plus tard à des barricades dans les villes.
Alors quoi ? le Liban eternel avec ses montagnes et ses rivières, sa cote et ses forets… le Liban eternel avec son peuple ‘message’ de cohabitation pacifique, avec son peuple ‘message’ de guerres fratricides?
Peut-être que le Liban devrait cesser d’être eternel ! Chaque crise se résout par un retour au status quo ante bellum. Depuis la mutasarfieh jusqu'à Taef en passant par le pacte de 43, c’est à chaque fois le status quo ante bellum ! à chaque fois un petit aménagement de ce qui ne devrait plus être qu'un ancien régime !
Oui, il faut une rupture, il faut que le Liban cesse d’être eternel, il faut que le Liban entre dans le temps… dans la modernité !
Mais comment et à quel prix ?
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Camille
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15:06
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C’était il y a huit ans, en mai 2000. Tsahal se retirait du Sud-Liban sous les coups de boutoirs du Hezbollah. Issa Ghoraieb écrivait dans son éditorial : « Israël perd enfin l’interminable guerre du Liban ». Quel plaisir!
Moi, j’étais à Barcelone, j’avais les cheveux longs et portais court autour du coup, un collier de rondelles de bois. Au bas de Las Ramblas, à droite en descendant vers le port, dans une ruelle du Raval qui sentait l’urine et dans laquelle trainaient, les implants mammaires à l’air, quelques pathétiques travelos tout droit sortis d'un film de Pedro Almodovar, il y avait ce petit bouiboui : Le Pastis. Angel, ex-journaliste désabusé, barbe grise du socialiste espagnol, proprio du Pastis, tenait le bar après 8 heures… jusqu'à ce que mort s’en suive. Françoise au micro et à la guitare chantait des chansons de variété. Surtout le « je suis venu te dire que je m’en vais » de Gainsbourg qu’elle entonnait comme un hymne trois, quatre ou même cinq fois par nuit à la demande d’Angel qui l’accompagnait mélancoliquement de son accent espagnol « yé souis vénou té dirre qué yé m’an vé »… Françoise chantait aussi beaucoup de Brel.
Brel dont je suis un grand fan et dont je peux encore – je crois – débiter l’ensemble du répertoire sans manquer une seule liaison. Brel que j’ai découvert très tôt – vers neuf ou dix ans – dans ce meuble en nacre, au salon de notre appartement d’Achrafieh, qui sentait le bois et les liqueurs et dans lequel étaient entreposés des dizaines de 33 tours, de Jacques Brel aux Doors en passant par les trois petits cochons et Pierre et le loup. Brel, donc, qui m’a suivi tout le long de ma vie, resurgissant ici ou là… me rappelant lorsque j’étais banquier que « désolé bergère, j’aime pas les moutons », me rappelant lorsque j’étais largué que « non Jef t’es pas tout seul » ou lorsque j’étais amoureux qu’ « on beau faire, on a beau dire… », me faisant même aimer cette « quelconque Belgique » que je n’avais jamais vue… Brel qui resurgit ici ou là, là ou je l’attend le moins, est resurgi la semaine passée à Dubai, dans l’improbable théâtre de Madinat Jumairah. Un belge venu, dit-on, d’Afrique du Sud donnait un spectacle. Brel à Dubai… quel paradoxe ! Je ne pouvais pas manquer ça… rien n’aurait jamais pu me faire mettre les mots Brel et Dubai dans une même phrase… voilà c’est fait.
Brel à Dubai… tant qu’il ne va pas à Damas, me diriez vous… célébrer la culture arabe qui croupit dans les prisons du Baath… comme d’autres… Fairuz, par exemple, payée – ai-je lu quelque part – plusieurs millions de dollars pour aller à Damas chanter en play-back… quelle mascarade ! Mais c’est bien connu, Fairuz, malgré son immense talent, est antipathique.
Mais vous, Milan Kundera… vous Monsieur Kundera que j'ai lu et relu... là ou vous écriviez Prague je lisais Damas, la ou vous parliez de chars Russes, je voyais ce barrage syrien qui humiliait ma ville et ma montagne… Vous Monsieur, combien vous à-t-on payé pour renier tout ce qui a fait la période Tchèque de votre littérature. Monsieur Kundera, vous allez tranquillement discuter de la 'culture arabe' dans un confortable salon de Damas alors que Michel Kilo et tant d’autres croupissent dans la prison du coin. Pour célébrer la culture arabe Monsieur Kundera, c’est avec Michel Kilo (emprisonné), c’est avec Samir Kassir (assassiné), c’est avec Georges Haoui (assassiné), c’est avec Farouk Mardam-Bey (exilé) – et j’en passe – que vous devriez discuter. En allant à Damas, vous allez faire un voyage dans le temps et retrouver le Prague de vos années Bohème-Moravie, le Prague des chars russes. En allant à Damas vous allez légitimer un état de fait que vous avez si intelligemment, si brillamment, et avec tant d’humour et de poésie, critiqué, démonté, descendu, absurdifié. En allant à Damas vous allez renier, trahir, votre littérature. C'est dans "L'art du Roman", je crois, que vous écriviez que le roman, une fois écrit devenait un peut plus intelligent que son auteur. Eh bien Monsieur, vos livres aujourd'hui sont devenus beaucoup plus intelligents que vous. Heureusement que les mots, dans les volumes de ma bibliothèque beyrouthine, ne changeront pas, eux ! Pour moi, ils ne seront simplement plus de vous.
Ah ce régime ! Où puise-t-il tant de machiavélisme ?
Michel Kilo : emprisonnéQuelle ‘Plaisanterie’ !
Samir Kassir : assassiné
Georges Haoui : assassiné
Farouk Mardam-Bey : exilé
...
Milan Kundera : acheté (?)
Les Flamingants, chanson comique !
Messieurs les Flamingants. J'ai deux mots à vous rire
Il y a trop longtemps que vous me faites frire
À vous souffler dans le cul, pour devenir autobus
Vous voilà acrobates mais vraiment rien de plus (…)
Tu vois quand j'pense à vous, j'aime que rien ne se perde
Messieurs les Flamingants : Je vous emmerde (…)
Cessez de me gonfler mes vieilles roubignoles (…)
Vous êtes tellement, tellement beaucoup trop lourds
Que quand les soirs d'orage des chinois cultivés
me demandent d'où je suis, je réponds : fatigué (…)
Vous n'avez pas l'air con, vraiment pas con du tout
Et moi je m'interdis de dire que je m'en fous (…)
Et si mes frères se taisent et bien tant pis pour elles
Je chante, persiste et signe : Je m'appelle Jacques Brel
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Camille
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21:26
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Je n’ai pas souvent été au zoo. Deux fois au Jardin des plantes à Paris, deux fois au zoo d’Anvers, et une foi au zoo d’Al Ain. C’était la semaine dernière. J’y ai vu un lion en cage, un chimpanzé dépressif, des macaques en train de copuler, des tortues endormies, des chats sauvages, il y avait aussi quelques familles d’humains qui regardaient tout ça. C’est triste un zoo.
Quelques jours plus tard j’ai vu la dignité humaine si lamentablement trainée dans la boue que j’en ai eu la nausée. Le chef du Hezb haranguait la foule qui célébrait Achoura. Il hurlait, comme à son habitude, à en donner des frissons dans le dos. Dans sa langue arabe si bien articulée malgré son défaut de prononciation qui aurait rendu ridicule plus d’un, il hurlait en agitant le doigt :
Nous possédons des membres de soldats israéliens, nous possédons des membres, nous possédons des bras, nous possédons des jambes, nous possédons des têtes, nous possédons même les trois quart d’un corps.Quelle horreur… cet homme… cet homme… j’ai du mal à encore le qualifier d’homme… je l’ai pourtant admiré un jour pour son courage, son abnégation pour sa cause, son intelligence, son franc parler, je l’ai même remercié quand, à la tête de sa troupe de barbus, il a libéré le Sud-Liban en 2000… cet homme, je le verrais bien dépérir dans une cage d’un zoo mal entretenu, je le verrais bien se gratter lentement le torse comme ce chimpanzé du « zoo d'Anvers qui meurt à moitié, qui meurt à l'envers, qui donnerait ses pieds pour un révolver ».
* L’Unicef aurait estimé que 30 % des tués lors de la guerre israélo-libanaise de juillet-août 2006 étaient des enfants de moins de treize ans.Criminel gouvernement israélien qui depuis quelques jours étouffe le peuple gazzaoui sous prétexte que quelques excités lancent régulièrement de petits pétards à partir du ghetto sordide dans lequel ils sont confinés. Criminel gouvernement qui coupe les vivres, le carburant, l’électricité, l’eau, tout… et laisse cyniquement mourir les enfants dans les hôpitaux, laisse crever les malades, affame les familles… L’ONU parle de crise humanitaire… quel scandale ! l’ONU parle de crise humanitaire comme si une force de la nature, un tsunami, une tempête, un incendie, un tremblement de terre, empêchaient les vivres d’arriver. Non ! Ce n’est pas une crise humanitaire. C’est un crime froidement et cyniquement décidé et perpétré par un gouvernement, par des hommes et par des femmes…
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Camille
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19:44
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2007 se termine mal au Pakistan avec l’assassinat de Benazir Bhutto et 2008 commence mal au Kenya avec le début d'un massacre et l'effondrement d'un système. Au Kenya, des violences urbaines post-électorales à caractère ethno-politique font 300 morts en quelques jours, au Pakistan les tensions pré-électorales conduisent à un assassinat dont les retombées n'ont pas fini de se faire sentir au Pakistan et au delà. L'assassinat de Bhutto tue dans l'œuf une tentative de rendre pluraliste un système très fermé, alors qu'au Kenya une élection douteuse jette dans l'abîme des violences ethniques une démocratie africaine qui semblait se distinguer de son environnement par sa stabilité et sa prospérité.
En contemplant la triste actualité de ces derniers jours, je ne peux m'empêcher de penser à un troisième pays, le mien, qui excelle dans l'art abject de l'assassinat politique pré-électoral, et qui garde en mémoire de sanglants massacres ethno-politiques (chez moi, on dira confessionnels mais c'est la même chose) comme une possible situation post-électorale.
je ne peux non plus m'empêcher de me souvenir de la stupéfiante guerre israélo-libanaise de juillet-août 2006, lorsque je vois sur internet la triste et paradoxale période d'adaptation entre une prospérité heureuse et un terrible basculement dans l'horreur. On peut lire côte à côte sur internet ces deux annonces:
Kenya: 30 brulés vifs dans une église, au moins 299 morts
Kenya: Safaris tourisme, photo, voyage de noces - météo
Pourquoi ?
Je ne crois pas (sauf à de rares exception près) aux massacres ethniques spontanés. Les violences ethniques de même que les assassinats politiques sont, je pense, de sinistres instruments de pression, de politique et, plus cynique encore, de communication aux mains d'hommes politiques sans scrupules.
Je comptais me rendre bientôt au Kenya, prendre un taxi londonien dans les rues de Nairobi, aller peut être à Mombasa, surement m'évader dans la nature, regarder galoper un troupeau de zèbres, et brouter un couple de girafes, apprendre quelques mots de swahili... rien de tout cela !
Comme des centaines de milliers de personnes depuis le sinistre été 2006 qui disent Beyrouth 2ilalliqa2, je dis, non sans tristesse devant tant de gâchis : Kwaheri Nairobi, à la prochaine...
2007 se termine donc sur une note pessimiste et 2008 commence sur une note tout aussi pessimiste.
Quant à moi, cela fait un mois que j'ai quitté la riche et posée Abu Dhabi. Maintenant, je vis et travaille au bord d'une autoroute : Dubaï.
Posté par
Camille
à
16:50
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