L'albatros
Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.
A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!
Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
- Charles Baudelaire








3 comments:
L'albatros, majestueux dans le ciel, ne se sent pas a sa place sur terre - Il est fait pour autre chose. el asfoura ma dit que l'albatros va deployer ses ailes bientot, dans un univers qui est sien, ou il est roi - Quelque part, son voyage sur le navire lui a donne l"envie, l"entrain et la force...
Oh! Un grand vent te remet déjà dans le vent, grand oiseau! Ou bien, c'est un super naufrage, et tu nous reviens cap-hornier, super pirate!
Quand est-ce que tu reviens sur les quais lire du Baudelaire? Tu manques ici!
Voila qui me rappelle le poeme de Samuel Coleridge, 'The Ancient Mariner'!
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