mercredi 18 juillet 2007

L'albatros

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

- Charles Baudelaire

3 comments:

Anonyme a dit…

L'albatros, majestueux dans le ciel, ne se sent pas a sa place sur terre - Il est fait pour autre chose. el asfoura ma dit que l'albatros va deployer ses ailes bientot, dans un univers qui est sien, ou il est roi - Quelque part, son voyage sur le navire lui a donne l"envie, l"entrain et la force...

claire a dit…

Oh! Un grand vent te remet déjà dans le vent, grand oiseau! Ou bien, c'est un super naufrage, et tu nous reviens cap-hornier, super pirate!
Quand est-ce que tu reviens sur les quais lire du Baudelaire? Tu manques ici!

Cinderella a dit…

Voila qui me rappelle le poeme de Samuel Coleridge, 'The Ancient Mariner'!

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