La Syrie, l'Arabie, l'Egypte... Les 'Frères'
Dans le contexte de l’explosion au grand jour des tensions qui couvent entre la Syrie et l’Arabie Saoudite depuis 2005, le quotidien saoudien Al Watan, basé à Abha dans le Assir (sud) titrait hier en une :
جهود السعودية للتوفيق بين مختلف الأطراف اللبنانية تتناقض مع محاولات النظام السوري استعادة نفوذه في لبنان
Les efforts saoudiens pour trouver un accord entre les différentes parties libanaises sont contrés par les tentatives du régime syrien de rétablir sa tutelle sur le Liban
L’article ouvre les colonnes du journal à Ali Sadreddine Al Bayanouni, dirigeant des Frères Musulmans de Syrie. L’article sous-titre cette citation de Bayanouni :
الشعب السوري قادر على التغيير إذا تم رفع الغطاء العربي والدولي عن النظام
نسعى كـ"إخوان" لإقامة نظام ديموقراطيّ يتساوى فيه الجميع في الحقوق والواجبات على أساس مبدأ المواطنة
نسعى كـ"إخوان" لإقامة نظام ديموقراطيّ يتساوى فيه الجميع في الحقوق والواجبات على أساس مبدأ المواطنة
علي صدرالدين البيانوني
Le peuple syrien peut provoquer le changement à condition que l’immunité arabe et internationale accordée au régime soit levée
En tant que ‘Frères Musulmans’ nous aspirons à l’établissement d’un régime démocratique basé sur l’égalité des droits et des devoirs et sur le concept de citoyenneté
En tant que ‘Frères Musulmans’ nous aspirons à l’établissement d’un régime démocratique basé sur l’égalité des droits et des devoirs et sur le concept de citoyenneté
Ali Sadreddine Al Bayanouni
Voici la traduction d’extraits de l’interview de Bayanouni mené à Paris par le journaliste Marcel Aql :
Le régime syrien est un régime dictatorial et despotique, isolé de l’intérieur et ne disposant d’aucune base populaire. Il se base sur la répression et la confiscation des libertés, il viole les droits des citoyens les plus élémentaires et tente de réduire au silence la moindre voix opposante. La corruption rampante touche toutes les agences de l’Etat et est présente à tous les niveaux. Elle réduit le citoyen syrien à la pauvreté, le chômage et la privation. A tout cela s’ajoute l’omniprésence des services de sécurité. De plus, les politiques du régime, les crimes qu’il commet au Liban et en Irak et ses autres interventions dans les pays arabes voisins constituent un réel danger pour ces pays. (…) Si l’on ajoute à cela son isolement sur la scène internationale qui résulte de ses politiques, il devient clair que le changement de ce régime qui a perdu toute légitimité est tant dans l’intérêt de la Syrie que des autres pays arabes.La publication d’un tel article en Arabie Saoudite marque une rupture dans le modus vivendi qui régit les relations diplomatiques entre les états arabes du Moyen Orient. Critiquer le manque de libertés chez le voisin et, plus encore, ouvrir ses journaux aux opposants qui appellent au changement du régime, au pluralisme et à la démocratie constitue une réelle rupture dans la diplomatie arabe au Moyen Orient, et surtout dans la diplomatie saoudienne qui a toujours excellé dans les déclarations feutrées, les messages subtils et la diplomatie secrète. L’explosion au grand jour des dissensions syro-saoudiennes présage donc un conflit long où, semble-t-il, tous les coups seront permis.
(…)
Il existe des forces opposantes à l’intérieur du pays qui sont susceptibles de jouer un rôle dans le changement politique. (…) Nous avons des informations qui affirment que le peuple est dans un état d’ébullition qui a atteint son sommet et que des opposants sont de plus en plus prêts à participer à une opération de changement, et ce, même de l’intérieur du régime.
(…)
Tout ce que nous demandons des pays arabes et de la communauté internationale, c’est qu’ils lèvent l’immunité et la protection qu’ils accordent à ce régime corrompu et despotique et qu’ils appuient le peuple syrien dans l’établissement d’un régime démocratique et pluraliste qui garantisse à l’ensemble de ses citoyens leurs droits et leurs libertés. (…)
Par ailleurs, cette escalade publique entre la Syrie et l’Arabie Saoudite prouve encore une fois que la realpolitik est reine au Moyen-Orient et que les appartenances partisanes ou confessionnelles ne sont que des instruments activés ici ou là, à un moment précis et dans un but précis. A preuve, trois jours avant que l’Arabie n’ouvre ses colonnes à un dirigeant de la branche syrienne des Frères Musulmans, son allié égyptien arrêtait 16 cadres des mêmes ‘Frères’ – de la branche égyptienne de l’organisation opposante au régime de Hosni Moubarak – lors d’une rafle dans un appartement de Guizeh au Caire. Ils sont accusés ‘d'appartenir à une organisation illégale, d'être en possession de documents illégaux et d'avoir tenu une réunion visant à planifier les activités d'une organisation illégale’.




1 commentaires:
Ya 3ich al chakika!
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