Tanto amore perduto, tanto disamore accumulato. Tanti ricordi rimossi, tante verità sapute. E tante verità coraggiosamente ripetute. * * * Pakistan. Afghanistan. Iraq. Palestine. Lebanon. From the borders of Hindu Kush to the Mediterranean, we – we Westerners that is – are creating a hell disaster, Robert Fisk, 24.11.07 * * * Ils s’en vont, tous. On dit « c’est la vie » qu’est ce que ça veut dire ? C’est aussi la vie de rester, non ? Borborygmus, borborygmi, 26.07.07 * * * If you don't believe that the Syrian regime is causing the chaos in Lebanon, at least you have to admire its knack for predicting it, Scott MacLeod, The Middle East, 25.06.07 * * * Le temps est un barbare dans le genre d'Attila, Georges Brassens * * * Beyrouth, ma ville, la Méditerranée, ma mer... Liberté Toujours, 29.04.07 * * * Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots, Le bateau ivre, Arthur Rimbaud * * * Les Emirats Arabes Unis sont une nation moderne et progressiste, La Sorbonne, Abu Dhabi * * * La nuit tous les chats sont gris et les poissons... rouges, Mickey 3D * * * I am feeling increasingly Bahraini, Michael Jackson * * * Remember, the Stone Age didn't end because we ran out of stones, Ahmad Zaki Yamani - Saudi Oil Minister * * * El duende... ¿Donde està el duende? Federico Garcìa Lorca * * * I can't understand how throughout the war whoever mentions Syrian occupation is a Zionist and now whoever revolts against Israeli attacks is Syrian, Claudine 25.08.06 * * * Abu Dhabi is where all the cute kittens go, Garfield * * * Traffic lights return to function in Kiryat Shmona after more than a month, Haaretz 14.08.06 * * * Mahmood Ahmadinejad has launched his own blog www.ahmadinejad.ir he seems to see the virtue in blogging after clamping down on other bloggers * * * It's really hard to get used to being used to live in war, Kerbolg 09.08.06 * * * The more Israel behaves in this barbarious manner, the more Arabs it slaughters, the less its future in the region is assured, Patrick Seale 11.08.06 * * * Tant qu'il y aura de l'humour, il me restera de l'espoir, Nad's Blog 05.08.06 * * * Hier j'ai goûté le lait de chamelle, ca a quand même un fort gout de bête

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mercredi 6 février 2008

Je blog, persiste et signe...

C’était il y a huit ans, en mai 2000. Tsahal se retirait du Sud-Liban sous les coups de boutoirs du Hezbollah. Issa Ghoraieb écrivait dans son éditorial : « Israël perd enfin l’interminable guerre du Liban ». Quel plaisir !

Moi, j’étais à Barcelone, j’avais les cheveux longs et portais court autour du coup, un collier de rondelles de bois. Au bas de Las Ramblas, à droite en descendant vers le port, dans une ruelle du Raval qui sentait l’urine et dans laquelle trainaient, les implants mammaires à l’air, quelques pathétiques travelos tout droit sortis d'un film de Pedro Almodovar, il y avait ce petit bouiboui : Le Pastis. Angel, ex-journaliste désabusé, barbe grise du socialiste espagnol, proprio du Pastis, tenait le bar après 8 heures… jusqu'à ce que mort s’en suive. Françoise au micro et à la guitare chantait des chansons de variété. Surtout le « je suis venu te dire que je m’en vais » de Gainsbourg qu’elle entonnait comme un hymne trois, quatre ou même cinq fois par nuit à la demande d’Angel qui l’accompagnait mélancoliquement de son accent espagnol « yé souis vénou té dirre qué yé m’an vé »… Françoise chantait aussi beaucoup de Brel.

Brel dont je suis un grand fan et dont je peux encore – je crois – débiter l’ensemble du répertoire sans manquer une seule liaison. Brel que j’ai découvert très tôt – vers neuf ou dix ans – dans ce meuble en nacre, au salon de notre appartement d’Achrafieh, qui sentait le bois et les liqueurs et dans lequel étaient entreposés des dizaines de 33 tours, de Jacques Brel aux Doors en passant par les trois petits cochons et Pierre et le loup. Brel, donc, qui m’a suivi tout le long de ma vie, resurgissant ici ou là… me rappelant lorsque j’étais banquier que « désolé bergère, j’aime pas les moutons », me rappelant lorsque j’étais largué que « non Jef t’es pas tout seul » ou lorsque j’étais amoureux qu’ « on beau faire, on a beau dire… », me faisant même aimer cette « quelconque Belgique » que je n’avais jamais vue… Brel qui resurgit ici ou là, là ou je l’attend le moins, est resurgi la semaine passée à Dubai, dans l’improbable théâtre de Madinat Jumairah. Un belge venu, dit-on, d’Afrique du Sud donnait un spectacle. Brel à Dubai… quel paradoxe ! Je ne pouvais pas manquer ça… rien n’aurait jamais pu me faire mettre les mots Brel et Dubai dans une même phrase… voilà c’est fait.

Brel à Dubai… tant qu’il ne va pas à Damas, me diriez vous… célébrer la culture arabe qui croupit dans les prisons du Baath… comme d’autres… Fairuz, par exemple, payée – ai-je lu quelque part – plusieurs millions de dollars pour aller à Damas chanter en play-back… quelle mascarade ! Mais c’est bien connu, Fairuz, malgré son immense talent, est antipathique.

Mais vous, Milan Kundera… vous Monsieur Kundera que j'ai lu et relu... là ou vous écriviez Prague je lisais Damas, la ou vous parliez de chars Russes, je voyais ce barrage syrien qui humiliait ma ville et ma montagne… Vous Monsieur, combien vous à-t-on payé pour renier tout ce qui a fait la période Tchèque de votre littérature. Monsieur Kundera, vous allez tranquillement discuter de la 'culture arabe' dans un confortable salon de Damas alors que Michel Kilo et tant d’autres croupissent dans la prison du coin. Pour célébrer la culture arabe Monsieur Kundera, c’est avec Michel Kilo (emprisonné), c’est avec Samir Kassir (assassiné), c’est avec Georges Haoui (assassiné), c’est avec Farouk Mardam-Bey (exilé) – et j’en passe – que vous devriez discuter. En allant à Damas, vous allez faire un voyage dans le temps et retrouver le Prague de vos années Bohème-Moravie, le Prague des chars russes. En allant à Damas vous allez légitimer un état de fait que vous avez si intelligemment, si brillamment, et avec tant d’humour et de poésie, critiqué, démonté, descendu, absurdifié. En allant à Damas vous allez renier, trahir, votre littérature. C'est dans "L'art du Roman", je crois, que vous écriviez que le roman, une fois écrit devenait un peut plus intelligent que son auteur. Eh bien Monsieur, vos livres aujourd'hui sont devenus beaucoup plus intelligents que vous. Heureusement que les mots, dans les volumes de ma bibliothèque beyrouthine, ne changeront pas, eux ! Pour moi, ils ne seront simplement plus de vous.

Ah ce régime ! Où puise-t-il tant de machiavélisme ?

Michel Kilo : emprisonné
Samir Kassir : assassiné
Georges Haoui : assassiné
Farouk Mardam-Bey : exilé
...
Milan Kundera : acheté (?)
Quelle ‘Plaisanterie’ !

Jacques Brel est mort, il n’ira pas à Damas chanter « Les F… »...

En rentrant chez moi, après le concert du faux Brel venu de Johannesbourg, j’ai écouté, en lecture aléatoire, le vrai Jacques Brel dans ma voiture. Et le vrai Jacques Brel s'est mis à chanter à plein poumons cette chanson intitulée « Les F… » pour : Les Flamingants ! et je me suis souvenu que quelques semaines plus tôt j’ai hésité à publier un post sur stroobia dans lequel je dis ce que je pense de l'un des chefs de file du 8 Mars… je me suis souvenu que je m’en voulais encore d’avoir hésité. Encore une fois, Brel, au moment ou je m’y attendais le moins, m’a rappelé à mes valeurs:
Les Flamingants, chanson comique !

Messieurs les Flamingants. J'ai deux mots à vous rire
Il y a trop longtemps que vous me faites frire
À vous souffler dans le cul, pour devenir autobus
Vous voilà acrobates mais vraiment rien de plus (…)

Tu vois quand j'pense à vous, j'aime que rien ne se perde
Messieurs les Flamingants : Je vous emmerde (…)
Cessez de me gonfler mes vieilles roubignoles (…)
Vous êtes tellement, tellement beaucoup trop lourds

Que quand les soirs d'orage des chinois cultivés
me demandent d'où je suis, je réponds : fatigué (…)
Vous n'avez pas l'air con, vraiment pas con du tout
Et moi je m'interdis de dire que je m'en fous (…)

Et si mes frères se taisent et bien tant pis pour elles

Je chante, persiste et signe : Je m'appelle Jacques Brel

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Oui bien sur c'est très antipathique d'aller chanter devant des milliers de syriens affamés de culture et de vie dans leur grande prison. Des milliers de syriens qui ne rêvent que d'être un peu plus libres pour aller voir Fairuz dans un concert (Fairuz qui chante aussi pour la liberté). Et le scandale des sous qu'elle a dû recevoir pour chanter (Pcq normalement elle fait ça gratuitement l'antipathique). J'adore les rumeurs politisées.

Ce qui est encore plus décevant, c'est Milan Kundera et le message qu'il envoit au peuple par sa présence même à Damas.

Quelle horreur l'optimisme!!!!!

mc a dit…

...
Pourvu que nous vienne un homme
Aux portes de la cité
Avant que les autre hommes
Qui vivent dans la cité
Humiliés l'espoir meurtri
Et lourds de leur colère froide
Ne dressent au creux des nuits
De nouvelles barricades

Claudine a dit…

Que son regard soit un psaume
Fait de soleils éclatés
Qu'il ne s'agenouille pas
Devant tout l'or d'un seigneur
Mais parfois pour cueillir une fleur
Et qu'il chasse de la main
À jamais et pour toujours
Les solutions qui seraient sans amour
Hi camille, thks for the comment u posted, not really back, just a change of wall paper, too sad to write, too outraged to comment, too horrified to see what's happening or shall I say re-happening? Don't fall into that trap ... You who's into Brel with such passion, let the lyrics inspire u ...

Bridget Jones a dit…

Hi Stroobia

Would it be possible to have your e-mail address please? I'd like to get your opinion about something.

Thanks
Bridget Jones

bee a dit…

salut !!!
j'adore ton blog!!!! je viens de tomber dessus!
et ce n'est pas souvent qu'on rencontre qu'on a envie de lire..

une autre machrekienne