lundi 22 février 2010

L'immeuble Panayot (bis)

J’ai, dans un post précédent, évoqué la destruction de l’Immeuble Panayot avec nostalgie et résignation : « Avec la destruction de l'immeuble Panayot, Beyrouth fait un pas de plus dans sa lente et méthodique marche vers la barbarie. »

Depuis, à chacun de mes retours au Liban, je constate que de nouveaux pans du patrimoine architectural beyrouthin sont littéralement effacés de la mémoire de la ville.

Quand j’y suis encore retourné il y a quelques jours, c’était pour apprendre que l’âpre et inégal combat entre promoteurs immobiliers et architectes protecteurs du patrimoine s’était soldé par l’accord suivant : L’immeuble Panayot sera détruit, sa façade sera conservée et surmontée d’une tour moderne.


Lorsque je me suis rendu sur le site du chantier pour prendre quelques photos, j’ai découvert la belle et autrefois imposante bâtisse vidée de son contenu, soutenue à bout de bras par un écheveau d’échafaudages en acier de couleur verte, soulignant le dérisoire acquis des architectes.

Devant cette vision désolée, j’ai aussi réalisé que la nostalgie et la résignation avaient cédé la place à une coupable indifférence. Je me suis alors souvenu avoir entendu une voix familière me dire : « Si c’est ce que les libanais veulent, c’est ce que les libanais auront. »