La Grande Vague de Kanagawa
Hokusai, estampe de format ōban (ca. 1830)
La première des Trente-six vues du mont Fuji de Hokusai (北斎), sublime et terrifiante, la vague (un tsunami, selon certains) résume à elle seule le fatalisme et le talent du peuple japonais. Les rameurs vivent leurs dernières secondes, ils le savent. Leurs rames sont hors de l'eau, recroquevillés sur leurs barques, ils attendent que la masse liquide s'abatte sur eux. Au centre du cercle formé par la vague, de la même couleur et de la même texture que l'eau menaçante, le mont Fuji est l’espoir d'une terre ou il sera possible, très vite et une fois de plus, de tout reconstruire. Une terre, mais aussi un volcan, dont la dernière grande éruption date de 1707, débutée quarante-neuf jours après le puissant tremblement de terre de Hōei et quelques cinquante-trois ans avant la naissance de Hokusai.
Le séisme de vendredi passé, suivi d’un tsunami auquel on a assisté en direct grâce à la couverture de la NHK, suivis des angoissants accidents nucléaires de Fukushima, nous rappellent brutalement combien notre civilisation, basée sur le confort, l’opulence et les loisirs, est fragile et éphémère.

3 comments:
Im happy stroobia is back online!
keep them coming!
:)
oui.... ephemere...
Bonjour Stroobia. Merci de vous être réinscrit sur mon blog "Passagère de la Vie" où mes "followers" avaient disparu à cause d'un souci informatique.
Je connaissais la grande vague de Hokusaï mais je n'avais jamais remarqué les barques, fragiles embarcations des humains, symbole emblématique de notre civilisation. Merci d'avoir porté cette observation à notre réflexion.
Bon dimanche.
Marie K.
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