S'il est un homme politique libanais qui est souvent qualifié de girouette c'est bien lui. Mais qu'est-ce au juste qu'une girouette ? Et surtout, à quoi ça sert ?
Girouette n.f. du vieux normand wire-wite, expression provenant elle-même du vieux norrois veðr-viti qu'on peut traduire par : Qui montre le temps. Une girouette est est un dispositif généralement métallique, la plupart du temps installé sur un toit, constitué d'un élément rotatif monté sur un axe vertical fixe. Sa fonction est de montrer la provenance du vent.
Veðr-viti qui montre le temps, ou la provenance du vent. C'est bien utile une girouette !
De par son intelligence politique pointue et les informations privilégiées auxquelles il a accès, Walid Joumblatt est un veðr-viti en puissance. Et c'est souvent vers Moukhtara qu'il faut regarder pour savoir d'ou vient le vent.
Allié à la puissante Syrie de Hafez el Assad depuis l'assassinat de son père Kamal Joumblatt – on évoque parfois le baiser donné à l’assassin du père à l'occasion du quarantième de sa mort dans une pure esthétique antique et méditerranéenne. Lorsque le vent commence imperceptiblement à tourner au début des années 2000, Walid joumblatt demande discrètement, d'abord, un redéploiement de l’armée Syrienne dans la Békaa, pour ensuite entrer officiellement en confrontation avec le régime Syrien lorsque son bloc parlementaire ne vote pas, en 2004, la prorogation pour trois années supplémentaires du mandat d'Emile Lahoud à la présidence de la république. Il prend enfin la tête de la contestation contre la présence Syrienne au Liban en 2005 qui conduit au départ du dernier soldat syrien du Liban en avril de la même année. Le 7 mai 2008 un mauvais coup de vent fait tournicoter le veðr-viti autour de son axe. Apres les élections législatives, pourtant victorieuses, de 2009 il critique l’appellation « Liban d'abord » que prend le bloc parlementaire de son allié Hariri. Puis il surprend tout le monde par son discours de rupture au très symbolique Hôtel Beau Rivage. Le vent a tourné. Enfin, après la démission du gouvernement d'union nationale, le bloc parlementaire de Joumblatt mandate Mikati plutôt que Hariri pour la formation d'un nouveau gouvernement transformant ainsi la majorité issue des urnes en minorité politique. La rupture est consommée. Mais tout cela, c’était avant que les bourgeons du printemps arabe n’atteignent les villes syriennes... Et, depuis quelques courtes semaines, pour qui sait lire le vieux norrois, il se passe quelque chose du coté de Moukhtara. Quelque chose qui réveille en moi cet irrésistible optimisme... ce sale espoir...
Sur le site web du PSP Joumblatt publiait hier, le 3 aout 2011, le communiqué suivant :
Indépendamment des slogans scandés, il est nécessaire que le droit aux manifestations pacifiques, sur la base des règles en vigueur, soit maintenu au même titre que la liberté d’expression, celle-ci correspondant au pluralisme et à la diversité qui caractérisent le Liban.
le fait de transformer certains quartiers, rues ou régions de Beyrouth en îlots sécuritaires ne sert personne. La capitale appartient à tous les Libanais et accueille toutes les orientations et tous les courants politiques et intellectuels.
Le respect des médias dans l’exercice de leur mission et leur rôle dans la couverture d’événements politiques est élémentaire. Il serait utile à certaines personnalités ministérielles de se souvenir de ce principe. Les libertés médiatiques sont tout aussi importantes que les libertés politiques, publiques ou personnelles. Les préserver est une responsabilité qui incombe à toutes les forces politiques réunies.
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بمعزلٍ عن الشعارات أو العناوين أو الهتافات، من الضروري أن يبقى حق التظاهر السلمي ضمن الأصول القانونية المرعية الإجراء محفوظاً، وأن تبقى مساحة حرية التعبير عن الرأي مصانة لأنها تتلازم مع التعددية والتنوع الذي لطالما تميز به لبنان
أن تحويل بعض شوارع أو أحياء أو مناطق بيروت الى مربعات أمنية لا يفيد أحداً، فالعاصمة لكل اللبنانيين وتحتضن كل الاتجاهات والتيارات السياسية والفكرية المتنوعة
كما أن احترام وسائل الإعلام خلال تأدية مهامها ودورها في تغطية الأحداث السياسية يفترض أن يكون من المسلمات، لذلك قد يكون مفيداً لبعض الشخصيات الوزارية أن تتذكر هذا المبدأ. فالحريات الإعلامية توازي بأهميتها الحريات السياسية والعامة والشخصية، والحفاظ عليها وصيانتها مسؤولية القوى السياسية مجتمعة
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Alors, welcome back Walid Bey ? Pas tout à fait encore ! Mais deux ou trois pas de travers de plus et... ptet'ben qu'je revoterai pour toi – et ton vieux copain Marwan sur la même liste – en 2013... ptet'ben... même si, bien sur, t'en as rien à foutre.
Dans un autre registre, quelle perte pour la musique que la très talentueuse et très sensuelle Amy Winehouse ! Quel gachis, toutes ces chansons que la pauvre enfant ne chantera pas et qu'elle emporte avec elle dans son brouillard... Adieu l'artiste ! Je l'aurais pourtant bien vue, un jour, au festival de Beiteddine. Mais en voyant toutes ces kippas à ses funérailles j'ai compris que, comme l'hilarant et tout aussi talentueux Gad el Maleh, elle avait certainement servi dans l’armée israélienne... et que de toutes façons elle n'aurait jamais pu mettre les pieds dans mon pays du cèdre. La pauvre enfant...
Jamais ? A peine plus haut que Beiteddine, dans cette belle montagne du Chouf, il y a le veðr-viti de Moukhtara... alors, pour qui sait lire le vieux norrois : Gad el Maleh à Beitedine en 2013 ?
Pourquoi est-ce que je n'arrive pas à être pessimiste ?
Peut-être parce que, comme Victor Hugo, je suis convaincu qu'aucun pouvoir sur terre ne peut arrêter une idée dont le temps est venu.

6 comments:
c vraiment bien c'ke tu fais. ki es-tu?
ZM.
C'est moi ;-) +++
C'est bien, pas de pessimisme...
L'humanité ne progresse pas vite, mais elle progresse...
Elle danse la samba: deux pas en avant, un pas en arrière...
Alma
Cé-vrééé ? Le sieur Joumblatt est retourné dans le giRon démocRatique ? Cé-vré-ment-vré ? Excellente nouvelle, en ce mois d'août parisien où, comme à l'accoutumée, les nuages opaques font écran. Pour ma part, la girouette attitrée de l'épine dorsale de l'Himalaya, Hamed Karzai, n'en finit pas de me donner le tournis depuis sa magistrale réélection en 2009, alors même que l'accumulation de données géo-contextuelles flottantes rend sa situation intenable. A chacune de ses interpellations médiatiques, cette girouette-là exhale de dessous ses soieries à rayures, des vents nauséabonds à vous couper le souffle et vous retourner les boyaux. Pour donner un ordre de grandeur, les caniveaux à ciel ouvert de Kaboul diffusent un mélange subtil de fǝll et de fleurs d'oranger en comparaison à ces effluves présidentiels. Il faut une connaissance fine des langues anciennes pour tenir de telles interprétations de l'anglo-américain de Quetta vers le pashto standard-mais-pas-trop de Kandahar. Et lorsque l'on en arrive au persan, grande lingua franca devant l'éternel, des équipes entières de philologues accomplis demeurent interdits. Il est vrai que les temps changent et qu'il est salutaire de prendre en compte le Printemps arabe. Les parlementaires afghans l'ont bien compris depuis l'inauguration de la Chambre des représentants en janvier 2011. Près de 200 membres mal élus mais gagnants tapent du point contre 62 candidats perdants mais volontaires envers et contre tout. Chacun représente une histoire socioculturelle aux déclinaisons politiques infinies, mais seuls les membres du premier groupe se distinguent par leur sens de l'Histoire. Tous les soirs, dans le Santa Barbara local qu'est devenu le Journal télévisé, on les voit faire débat dans le Majlis, pétitions et appels à manifestations à l'appui. Le mot d'ordre est la défense de l'état de droit ainsi que celle de la légitimité des institutions. C'est qu'il y'a beaucoup d'hélicos à négocier pour un transfert réussi des Forces de sécurité de la coalition internationale vers les Forces armées afghanes. Alors : optimiste ou pessimiste pour l'Hindou Koush ? Is that the question ?
Les Forces armées afghanes comprennent un imbroglio organisationnel qui va de l'Armée à la Police en passant par toutes sortes de sous-directions des Douanes et des Frontières sans compter les Milices de défense des villages appelées autrement mais ça revient au même. Ne cherchons donc pas la réponse de ce côté là et maintenons que les temps changent. Depuis 2002, nous sommes en effet sortis de la triangulation infernale Afghanistan - golfe Arabo-persique - Pakistan qui prévalait dans la décennie antérieure. La Force de frappe asiatique, j'ai nommé Pékin, s'est suffisamment investie financièrement dans le sous-continent pour que les indices de confiance puissent rester au vert. Du coup has been la roquette. Avec un peu d'imagination et beaucoup de chances, les compagnies d'extraction minière finiront par transformer ces majestueuses montagnes en pôle de stabilité, pour tout l'arc de crise qui va du Caucase à l'Océan indien. Et, sans aller jusque là, il est certain que, tout n'est pas perdu, loin de là.
PS : Je suis malencontreusement passée à côté de l'excellent poste daté du 29 mai 2011 qui, à mon sens, pose la seule question digne de ce nom qui soit. Et pour cause. Je ne connais rien d'autre que les habituelles pirouettes soutenues sans grande conviction qu'à chaque fois c'est comme la première fois. Genre delta-planeuse révolutionnaire se désespérant de trouver Tupolev tenant la route. Mais bon. Je retourne à mes moutons. Eparpillés dans le piémont.
vamosaJala!!! ahla w sahla be stroobia :-)
Et tu as raison la question du 29 mai 2011 vaut la peine d'etre posee... mais il faut surtout y repondre!
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