dimanche 11 septembre 2011

Les œuvres perdues du 11 septembre 2001

James Rosati - Ideogram - Photo : Robert E. Mates
Le 11 septembre 2001, avec les 2,996 victimes des attentats du World Trade Center à New York, un nombre incalculable d’œuvres d’arts a péri sous les décombres des Twin Towers. Des œuvres publiques comme les structures monumentales de Rosati ou Calder ont été endommagées ou détruites. Des collections privées comme les centaines de bronzes de Rodin de la collection Cantor Fitzgerald ont en grande partie disparu. Perdu aussi, un nombre impossible à inventorier d’œuvres uniques accrochées aux murs des locaux des banques, cabinets d’avocats et autres entreprises qui avaient leurs bureaux dans les tours du WTC. Pour les dix ans des attentats j’ai choisi de m’arrêter sur certaines de ces œuvres perdues.

Les sculptures monumentales

Il ne reste rien de la sculpture monumentale de James Rosati, Ideogram (ci-dessus). Commandée à la fin des années 1960 par le comité artistique de la Port Authority of New York and New Jersey. La structure en acier a dû être testée en soufflerie avant d’être fixée sur la place située entre les deux Tours Jumelles du World Trade Center.

Alexandre Calder - WTC Stabile - Photo : Mark Johnson
Le WTC Stabile – Bent Propeller (1971), un stabile en acier rouge d’Alexandre Calder, a été endommagé à 70%. Les restes de la sculpture, bien qu’irrécupérables, pourraient être exposés en l’état.

Ci-dessous, à gauche les hélices courbées du stabile, et à droite ce qu'il reste de la carcasse récupérée dans les ruines du World Trade Center.














La sphère métallique – The  Sphere – du sculpteur allemand Fritz Koenig qui a été légèrement endommagée est actuellement exposée telle quelle au Battery Park à New York. Cette sculpture, constituée de 52 pièces de Bronze assemblées à Brême en Allemagne, est censée représenter « la paix mondiale à travers le commerce mondial » (world peace through world trade).




La Cloud Fortress (1975), une énorme pièce de granite noir, du sculpteur japonais Masayuki Nagare, a survécu à l’effondrement des Tours Jumelles. Elle a malheureusement dû être détruite lors des travaux de nivèlement du site de Ground Zero.


A l’intérieur des Tours Jumelles

La WTC Tapestry (1974) de Joan Miró accueillait le visiteur dans le hall de la Tour Sud. C’était une immense tapisserie de six mètres sur dix. La toile était constituée d’un mélange de laine et de chanvre.

Le Sky Gate, New York de la sculpteuse Louise Nevelson, un relief de bois peint de noir, était situé à la mezzanine de la Tour Nord.

La fresque murale Fan Dance (1978) de Hunt Slonem qui ornait les murs du Port Authority dining hall.
Les bronzes et croquis d'Auguste Rodin de la collection de la société de courtage Cantor Fitzgerald. Ci-contre, retrouvée dans les ruines, une main de bronze de Rodin endommagée lors des attentats trône aujourd'hui sur le bureau de Howard Lutnick, CEO de Cantor Fitzgerald. (Photo : Michael Falco pour le New York Times).

Les Pablo Picasso, David Hockney, Roy Lichtenstein et des pièces de Paul Klee et Le Corbusier de la collection du Marriott Hotel situé à proximité des Tours Jumelles dans le Lower Manhattan ont tous disparu. Les entreprises Citigroup, Silverstein et Nomura, entre autres, étaient aussi propriétaires d'importantes collections.

Voilà... évoquer des œuvres d'art disparues, c'est notre moyen de rendre homage aux victimes des attentats du 11 septembre 2001, à celles beaucoup plus nombreuses des deux guerres qui les ont suivi, et aux libertés individuelles qui, un peu partout dans le monde, ont reculé face à la psychose qu'ils ont créé et qu'il est impératif de reconquérir... et, c'est un peu ce que fait le printemps arabe...

1 commentaire:

christophe GILLODTS a dit…

Oui il est indéniable que la perte en oeuvres d'art est vraiment triste et irréparable et touche également au coeur les artistes
et chaque être humain et bien entendu la perte humaine est de loin la plus douloureuse. Il serait intéressant et c'est une idée que je lance que chaque musée dans le monde puisse exposée une copie signée par un descendant de l'artiste et annotée "oeuvre détruite le..." Idem pour les oeuvres disparues par les Nazis ! Christophe Gillodts